La levée des barrages s'accélère

Les derniers barrages routiers qui paralysaient la Bolivie depuis début mai ont commencé à être démantelés lundi 22 juin, après l'annonce d'une trêve temporaire par l'ancien président Evo Morales. Cette décision intervient trois jours après que le chef de l'État, Rodrigo Paz, a proclamé l'état d'exception pour mettre fin à plus de sept semaines de contestation sociale.

Evo Morales, qui a dirigé le pays de 2006 à 2019, a précisé lors d'une réunion avec des dirigeants syndicaux de cultivateurs de coca dans le département de Cochabamba, son bastion, qu'il ne s'agissait pas d'une reddition mais d'une pause dans le mouvement. Le président Paz accuse son prédécesseur d'avoir orchestré les protestations, qui ont provoqué de graves pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments dans plusieurs villes.

Un retour progressif à la normale

Au plus fort de la mobilisation, les autorités dénombraient jusqu'à une centaine de points de blocage. Lundi matin, seuls neuf barrages subsistaient, tous concentrés dans le département de Cochabamba. L'état d'exception, qui autorise le recours à l'armée pour rétablir la circulation, a contribué à leur démantèlement accéléré.

Sur les marchés de La Paz, la situation s'améliore nettement. Des centaines d'habitants se pressaient pour acheter des produits frais arrivés dans les dernières heures. « La situation est désormais normalisée. Les jours précédents, il y avait quatre pâtés de maisons de file d'attente, mais maintenant c'est plus calme », a témoigné Rosa Quispe, une commerçante de 48 ans. Les longues files d'attente et les bousculades pour se procurer de la nourriture semblent appartenir au passé, tandis que des camions déchargent viande, légumes et autres marchandises.

Un contexte de crise économique et politique

Depuis début mai, syndicats, groupes indigènes et cultivateurs de coca multipliaient les manifestations et les blocages routiers pour réclamer la démission de Rodrigo Paz, sur fond de crise économique qualifiée de la plus grave depuis quarante ans par les observateurs. L'ancien président socialiste, en duel politique avec le chef de l'État de centre droit, a finalement appelé à une trêve, permettant une accalmie dans le pays.