Le négociateur en chef de l'Iran, Mohammad Ghalibaf, a déclaré que le détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique pour une part importante du trafic pétrolier mondial, serait placé sous l'administration exclusive de Téhéran. Cette affirmation, rapportée ce lundi 23 juin, s'inscrit dans le cadre des négociations en cours avec les États-Unis, qui portent notamment sur la sécurité maritime dans la région.

Ghalibaf, également candidat à la présidentielle iranienne, a fait cette annonce alors que les pourparlers entre Américains et Iraniens se poursuivent en Suisse. Selon des informations concordantes, les deux parties auraient progressé sur les questions relatives au Liban et au statut du détroit d'Ormuz. La déclaration du négociateur iranien semble toutefois durcir la position de Téhéran, qui revendique un contrôle exclusif sur cette voie navigable.

Un enjeu stratégique mondial

Le détroit d'Ormuz, situé entre le golfe Persique et le golfe d'Oman, constitue un point de transit essentiel pour le transport du pétrole et du gaz naturel liquéfié. Environ un cinquième du volume mondial de pétrole transite par cette voie. Toute tentative de contrôle unilatéral par l'Iran suscite des inquiétudes parmi les pays consommateurs et les compagnies maritimes, qui redoutent des perturbations dans les approvisionnements énergétiques.

La déclaration de Ghalibaf intervient après plusieurs semaines de tensions autour du détroit. L'Iran avait précédemment annoncé la fermeture de cette voie en riposte à un blocus américain, avant que des discussions diplomatiques n'aboutissent à un accord permettant une reprise partielle du trafic. Un navire gazier français a ainsi pu franchir le passage ces derniers jours, marquant une première depuis la signature de l'accord entre Washington et Téhéran.

Réactions internationales attendues

Les propos du négociateur iranien risquent de compliquer les efforts diplomatiques en cours. Le président américain Donald Trump avait proposé la mise en place d'un « péage » américain dans le détroit, une idée rejetée par Paris et Téhéran. La France, par la voix d'Emmanuel Macron, avait écarté cette option et promis une reprise rapide du trafic, en coordination avec le Royaume-Uni.

Aucune réaction officielle n'a encore été émise par les capitales occidentales ou par les États voisins de l'Iran, mais cette nouvelle position pourrait raviver les tensions dans une région déjà instable. Les Émirats arabes unis, qui jouent un rôle clé dans les flux financiers vers l'Iran, avaient récemment bloqué des milliards de dollars destinés à Téhéran, accentuant la pression économique sur le régime iranien.

Contexte électoral iranien

La déclaration de Ghalibaf intervient également dans un contexte politique intérieur iranien marqué par la campagne pour l'élection présidentielle. En adoptant une posture ferme sur le détroit d'Ormuz, le négociateur entend sans doute renforcer sa crédibilité auprès d'un électorat nationaliste, alors que le pays fait face à des difficultés économiques et à des sanctions internationales.

Les discussions entre Américains et Iraniens en Suisse se poursuivent, mais l'affirmation de Téhéran sur le contrôle exclusif du détroit d'Ormuz pourrait constituer un obstacle de taille à un accord global. La communauté internationale observe avec attention l'évolution de ce dossier, qui a des implications directes sur la sécurité énergétique mondiale et la stabilité au Moyen-Orient.