Le constructeur chinois BYD, numéro un mondial des ventes de véhicules électriques, a confirmé qu'il développe des robots humanoïdes. Li Ke, vice-présidente exécutive du groupe, a déclaré lors d'un entretien que l'entreprise travaille sur ces machines, une information corroborée par des sources proches du dossier, a rapporté le média économique chinois Yicai.

Des synergies technologiques avec l'automobile

Selon Li Ke, les véhicules intelligents et les robots humanoïdes reposent sur des composants communs : capteurs, actionneurs électriques, plateformes de calcul et modèles d'intelligence artificielle. Cette base technologique partagée confère, selon elle, une longueur d'avance aux constructeurs automobiles dans le domaine de la robotique. BYD a également annoncé son intention de développer une plateforme robotique ouverte, capable d'accueillir ses propres machines et celles de partenaires extérieurs.

Distribution via le réseau de concessions

Pour la commercialisation de ces futurs robots, BYD entend utiliser son réseau de concessionnaires, sans avoir à bâtir une nouvelle infrastructure. Le groupe prévoit d'atteindre 2 000 points de vente et de service en Europe d'ici la fin de l'année 2026, contre un peu plus de 1 000 à la fin 2025. Maria Grazia Davino, directrice régionale de BYD pour l'Europe, a précisé que le Royaume-Uni compte déjà 125 sites franchisés. Aucun détail n'a été communiqué sur le calendrier de déploiement, les caractéristiques techniques des robots ni les tâches qu'ils pourraient effectuer.

Investissements dans des sociétés spécialisées

En parallèle de son développement interne, BYD investit dans plusieurs entreprises du secteur de la robotique. Le groupe fait partie des investisseurs d'AgiBot, l'un des trois principaux acteurs chinois avec 10 000 exemplaires produits en mars. BYD a également investi dans PaXini, une start-up spécialisée dans les mains articulées et les robots humanoïdes, valorisée à plus de 10 milliards de yuans (environ 1,27 milliard d'euros). PaXini prévoit une introduction en Bourse à Hong Kong.

Des robots déjà présents dans ses usines

Les premiers robots humanoïdes utilisés chez BYD ne sont pas les siens, mais ceux de la société chinoise UBTech. En 2024, UBTech avait annoncé que ses appareils Walker S1 étaient déployés dans les usines de plusieurs constructeurs automobiles, dont BYD, pour des tâches d'assemblage léger, de tri, d'inspection qualité et de manutention. L'opération a été réitérée avec le Walker S2, dont la production en série a débuté en novembre.

Une concurrence chinoise active

BYD s'inscrit dans une tendance de diversification observée chez plusieurs constructeurs chinois. Chery, via sa filiale Aimoga, commercialise déjà un robot humanoïde doté d'une batterie de 0,7 kWh, au prix de 285 800 yuans (environ 36 600 euros). Xpeng a présenté en novembre la deuxième génération de son robot humanoïde Iron, équipé de puces propriétaires et doté de 82 degrés de liberté. Chery a également signé un contrat pour la fourniture de 1 000 robots policiers dans la ville de Wuhu. Xiaomi travaille sur un robot humanoïde depuis quatre ans sans calendrier annoncé, mais mise sur des modèles vision-langage-action open source. En revanche, NIO a temporairement écarté cette option : son fondateur et PDG, William Li, a annoncé en mars que la société se concentrerait pour l'instant sur la vente de voitures.