BYD franchit une nouvelle étape dans sa conquête du marché européen avec la Dolphin G DM-i, une citadine du segment B qui marque un tournant stratégique. Pour la première fois, le constructeur de Shenzhen a développé un modèle exclusivement destiné à l’Europe, sans équivalent sur d’autres marchés. Cette berline compacte, animée par une motorisation hybride rechargeable (PHEV), se positionne frontalement face aux références du segment, notamment la Renault Clio, la Peugeot 208 ou la Toyota Yaris, avec un prix d’appel de 23 990 €.

Un design consensuel pour une citadine généreusement dimensionnée

Avec 4,16 m de long, 1,57 m de haut, 1,82 m de large et un empattement de 2,61 m, la Dolphin G DM-i se situe dans le haut du segment B, flirtant avec les compactes du segment supérieur. Son style, volontairement sobre, ne cherche pas à provoquer. La face avant est marquée par des projecteurs aux lignes acérées, reliés par un bandeau noir, tandis que l’entrée d’air inférieure assure le refroidissement du moteur thermique. Le profil épuré intègre des poignées de porte affleurantes, un toit haut et droit, et un montant C peint en noir pour allonger visuellement la ligne. À l’arrière, un aileron et un bandeau lumineux traversant complètent la silhouette.

Un habitacle riche en équipements mais perfectible

À bord, la dotation technologique surprend pour une citadine. Le conducteur dispose d’un écran d’instrumentation numérique de 10,8 pouces, dont la lisibilité peut toutefois souffrir en plein soleil, et d’un affichage tête haute, une première sur ce segment. L’écran tactile central de 12,8 pouces, réactif, intègre les fonctions de navigation et de divertissement, avec une compatibilité Apple CarPlay et Android Auto sans fil. Un socle de charge par induction accueille le smartphone, la connexion s’établissant automatiquement après une première synchronisation. Le régulateur de vitesse adaptatif, la caméra à 360 degrés et le détecteur d’angle mort complètent les aides à la conduite.

Cependant, des compromis en matière d’ergonomie sont à signaler. La position de conduite est jugée haute, et le siège passager avant ne peut pas être abaissé. À l’arrière, l’assise haute et le dossier droit, associés à un toit bas, peuvent gêner les occupants de grande taille. L’espace aux jambes reste suffisant pour un adulte. Le coffre, lui, offre un volume de 425 litres, extensible à 1 255 litres une fois la banquette rabattue.

Une motorisation hybride rechargeable inédite en citadine

La Dolphin G DM-i se distingue surtout par sa chaîne de traction. Elle devient la première citadine du marché à proposer une motorisation hybride rechargeable, combinant un moteur thermique et un bloc électrique. BYD annonce une autonomie totale de 1 000 km en cycle mixte, un argument de poids face aux citadines thermiques ou hybrides simples. La batterie, d’une capacité non précisée dans les sources disponibles, peut être rechargée sur une prise domestique ou une borne publique, offrant ainsi une autonomie électrique qui, bien que non chiffrée, permet de couvrir les trajets urbains quotidiens sans consommer d’essence. Le constructeur met en avant la polyvalence de cette solution, combinant les avantages de l’électrique en ville et de l’essence sur longs trajets.

Un prix agressif pour un modèle conçu en Europe

Avec un tarif de départ fixé à 23 990 €, la Dolphin G DM-i se place en dessous de nombreuses concurrentes thermiques ou hybrides non rechargeables. BYD entend ainsi établir un rapport prix/équipements favorable pour séduire une clientèle européenne sensible au coût d’usage. Le constructeur, qui a déjà implanté une usine en Hongrie, poursuit sa stratégie de localisation pour contourner les barrières douanières et adapter ses véhicules aux goûts européens. La Dolphin G DM-i incarne cette nouvelle approche : fruit d’un développement et d’une ingénierie pensés pour le Vieux-Continent, elle n’est pas une simple adaptation d’un modèle chinois.

Un pari sur l’avenir du segment B

L’arrivée de cette citadine hybride rechargeable à prix compétitif pourrait rebattre les cartes du segment B en Europe. Alors que les constructeurs traditionnels misent surtout sur l’électrique pur ou l’hybride simple, BYD propose une solution PHEV dans un format compact, jusqu’alors réservé aux berlines ou SUV plus grands. Les premiers essais, menés en juin 2026, soulignent une proposition séduisante en termes de coût et d’équipements, mais pointent aussi des défauts ergonomiques et une qualité perçue perfectible. BYD devra convaincre une clientèle historiquement fidèle aux marques européennes, mais le rapport prix/prestations de la Dolphin G DM-i pourrait séduire les acheteurs à la recherche d’une citadine polyvalente, économique et bien dotée technologiquement.