Les marchés financiers connaissent un mouvement de bascule majeur, porté par la conclusion d’un accord diplomatique entre les États-Unis et l’Iran. Cet événement, qui met fin à une période de tensions militaires, entraîne une chute marquée des cours du pétrole et une dégringolade du métal jaune, alors que les places européennes, à l’image de l’indice Euro Stoxx, rattrapent une partie de leur retard face au S&P 500 américain.

Pétrole : le baril sous les 80 dollars La signature de l’accord a provoqué un véritable choc sur le marché du brut. Le baril recule nettement et s’installe sous le seuil des 80 dollars, effaçant une partie des primes de risque qui s’étaient accumulées depuis le début du conflit. Les investisseurs anticipent une normalisation des flux pétroliers en provenance du Moyen-Orient, après des semaines d’incertitude sur la sécurisation des routes maritimes. Le gouvernement français a d’ailleurs estimé que cette baisse devrait se répercuter sur les prix à la pompe, les distributeurs s’étant engagés à répercuter les baisses des cours.

Or : la fin de la panique Parallèlement, l’or, valeur refuge par excellence, plonge. La détente géopolitique pousse les investisseurs à se détourner des actifs réputés sûrs, au profit d’actifs plus risqués. Alors que le métal jaune avait atteint des sommets historiques pendant la crise iranienne, il subit désormais un mouvement de vente massif, confirmant que la prime de guerre s’estompe rapidement. Les analystes constatent un transfert de liquidités vers les actions européennes, jugées sous-évaluées par rapport à leurs homologues américaines.

Bourses européennes : le rattrapage s’accélère L’Euro Stoxx 600 réduit significativement son écart de performance avec le S&P 500, un écart qui s’était creusé depuis le début de l’année. Le CAC40, également orienté à la hausse, bénéficie de la chute des cours du pétrole, qui allège les factures énergétiques des entreprises et des ménages. Les marchés actions européens étaient jusqu’alors pénalisés par la crainte d’une récession liée au conflit, mais l’accord ouvre la perspective d’un rebond économique.

Un accord historique aux répercussions multiples Paraphé dans un hôtel de luxe, l’accord entre les États-Unis et l’Iran prévoit un cessez-le-feu et une feuille de route pour la levée des sanctions. Au-delà des marchés, la France estime que la guerre en Iran coûtera 0,2 point de PIB, contre 2 points pour celle en Ukraine, illustrant l’impact relativement limité sur l’Hexagone. Le chancelier allemand, de son côté, s’est félicité d’une « victoire de la diplomatie ».

Quel impact pour la suite ? Si la détente est saluée par les investisseurs, certains observateurs appellent à la prudence. L’or pourrait rebondir si les tensions resurgissaient, et le pétrole reste vulnérable aux décisions de l’OPEP+. La Bourse de Paris, portée par l’apaisement, devra toutefois composer avec un contexte macroéconomique encore fragile, marqué par la lutte contre l’inflation en zone euro.