Les électeurs californiens seront appelés aux urnes en novembre pour se prononcer sur une proposition de taxe exceptionnelle visant les contribuables dont le patrimoine net dépasse 1,1 milliard de dollars. L'initiative, portée par le syndicat Service Employees International Union-United Healthcare Workers West, prévoit un prélèvement unique de 5 % sur ces actifs, avec un taux dégressif pour les fortunes comprises entre 1 et 1,1 milliard de dollars. Selon ses promoteurs, cette mesure générerait 100 milliards de dollars sur cinq ans, qui seraient affectés à hauteur de 90 % au système de santé, le solde étant destiné à l'éducation et à l'aide alimentaire.
Le syndicat estime que cette recette compenserait les réductions des programmes de santé et d'aide alimentaire décidées au niveau fédéral l'année précédente. Dave Regan, président du syndicat, a déclaré lors d'une conférence de presse que ses membres considéraient ce débat comme nécessaire pour définir le modèle social de l'État. L'organisation a dépensé 31 millions de dollars pour recueillir les signatures nécessaires à la qualification de la mesure.
Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, s'oppose à ce projet. Il affirme qu'une telle taxe menacerait la position de l'État comme pôle d'innovation technologique. Il a plaidé en faveur d'une réflexion au niveau national plutôt que d'une initiative locale. Il s'est engagé à faire échouer la proposition dans les urnes.
Une contre-offensive coordonnée
Plusieurs contribuables fortunés ont lancé une campagne pour soumettre au même scrutin deux propositions concurrentes. Ces dernières pourraient, en cas d'adoption, annuler l'effet de la taxe avant même son application. La pratique des contre-initiatives est courante en Californie : elle permet de semer la confusion chez les électeurs ou de créer un rapport de force avec les partisans de la mesure d'origine.
Avant la date limite de jeudi pour la finalisation des bulletins de vote, le gouverneur Newsom avait tenté de négocier un compromis avec le syndicat pour retirer la proposition. Aucun accord n'a été trouvé avant l'expiration du délai, fixé à 17 heures. Le bureau du secrétaire d'État de Californie n'avait pas encore publié la liste officielle des mesures certifiées jeudi soir.
Un débat qui divise les démocrates
Cette initiative révèle des tensions au sein du Parti démocrate, pourtant majoritaire en Californie. Les idéaux progressistes se heurtent à la nécessité de préserver un environnement favorable aux entreprises technologiques, à l'origine d'une grande partie des richesses de l'État. Le débat s'inscrit dans un contexte national marqué par les réductions d'impôts pour les plus aisés et les coupes dans les programmes sociaux adoptées par l'administration précédente. Des personnalités comme le maire de New York, Zohran Mamdani, ou une candidate à la mairie de Los Angeles, Nithya Raman, ont gagné en audience en critiquant les inégalités croissantes.
Des estimations divergentes sur le rendement
Les projections de recettes varient. Les partisans de la mesure avancent un montant de 100 milliards de dollars sur cinq ans. Les analystes budgétaires de l'État estiment le rendement à un niveau sensiblement inférieur, sans que les sources fournies ne précisent de chiffre. Le budget annuel de la Californie s'élève actuellement à 321 milliards de dollars.