L'ancien anesthésiste Frédéric Péchier, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, ne pourra pas préparer son appel hors de prison. La cour d'appel a rejeté, mardi, sa seconde demande de remise en liberté, comme l'avait été la première en février dernier.
Les magistrats ont justifié leur décision en invoquant « le risque de pressions sur les témoins, le risque de renouvellement des faits et le risque de trouble à l'ordre public ». Ces motifs avaient déjà conduit au refus de sa précédente requête.
L'opposition des familles des victimes
Plusieurs proches des victimes s'étaient mobilisés contre cette libération anticipée. Pour eux, « sa place est en prison », ont-ils fait valoir avant l'audience, arguant que la dangerosité de l'homme et la gravité des actes commis interdisaient toute mesure de clémence.
Frédéric Péchier avait été reconnu coupable d'avoir intentionnellement provoqué des arrêts cardiaques sur des patients à la clinique de Besançon. L'ancien praticien, qui a toujours nié les faits, conteste cette condamnation et a interjeté appel. Il espérait être libéré dans l'attente de ce nouveau procès, une perspective désormais écartée.
Un dossier criminel hors norme
Cette affaire, jugée en première instance, a marqué les esprits par l'ampleur des accusations. Les juges ont estimé que Frédéric Péchier avait injecté des produits anesthésiants à des patients afin de provoquer des malaise, se présentant ensuite comme celui qui les ranimait. Plusieurs victimes ont succombé.
La cour d'appel devra se prononcer sur le fond de l'affaire dans les mois à venir. En attendant, le maintien en détention a été confirmé, les magistrats considérant que les garanties de représentation et les risques évoqués ne permettaient pas une autre mesure.