Un record absolu pour la saison

Les eaux littorales françaises connaissent des températures marines exceptionnelles. D'après les observations des services Copernicus sur le changement climatique et le milieu marin, la température moyenne à la surface de l'océan global a oscillé autour de 21°C le 21 juin, battant les précédents records établis en 2023 et 2024 pour cette période.

Ce nouveau record était attendu, en raison de l'apparition des conditions El Niño dans le Pacifique équatorial et des températures marines anormalement élevées observées dans plusieurs régions au cours des derniers mois. Fin juin, la température atteignait 20,7°C dans le golfe de Gascogne, sur la façade ouest de la France, et 25,1°C en Méditerranée, soit environ 3°C de plus que les valeurs de référence à cette période de l'année.

Des conséquences météorologiques et écologiques

Cette hausse du mercure en mer devrait avoir des répercussions sur les conditions météorologiques et sur les écosystèmes marins. Le réchauffement des océans maintient l'atmosphère à une température élevée plus longtemps, ce qui peut accentuer l'évaporation de l'eau et donc le risque de précipitations extrêmes et d'inondations. Il contribue également à l'élévation du niveau de la mer et à la fonte des glaces.

La biodiversité marine, dont dépendent plus de trois milliards de personnes pour subvenir à leurs besoins selon des données du CNRS, pâtit également de cette situation. Comme l'expliquait en 2023 l'écologue Dan Smale, « les espèces marines ont évolué pendant des millions d'années pour occuper des fenêtres thermiques spécifiques. Lorsque ces seuils de température sont dépassés, cela peut générer un stress important, des échecs reproductifs, voire des mortalités massives, avec des implications pour l'ensemble de la chaîne alimentaire et des écosystèmes touchés. »

Des mortalités massives documentées

Une étude parue en 2022 dans la revue scientifique Global Change Biology a montré que les vagues de chaleur marines pouvaient provoquer des mortalités massives chez une cinquantaine d'espèces de poissons, d'éponges, d'algues et de mollusques, jusqu'à 40 mètres sous la surface.

Ces records de température surviennent alors que les canicules marines se multiplient à l'échelle mondiale. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) dans son dernier rapport, la fréquence et l'intensité de ces épisodes ont augmenté de façon significative depuis les années 1980 et devraient continuer de s'accroître avec le réchauffement climatique.

Les eaux côtières françaises, à la fois en Atlantique et en Méditerranée, sont particulièrement exposées. Les scientifiques appellent à renforcer la surveillance des écosystèmes marins et à mettre en place des mesures d'adaptation pour protéger la biodiversité et les activités économiques qui en dépendent, comme la pêche et l'aquaculture.