Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent au Venezuela, mais le rythme des extrations s'est considérablement ralenti alors que le délai critique de survie de 72 heures est désormais largement dépassé. Selon les données compilées par le gouvernement vénézuélien, l'opposition, l'UNICEF et la NASA, le bilan des secousses sismiques jumelles qui ont frappé le pays la semaine dernière s'élève à au moins 1 943 personnes tuées, plus de 10 500 blessés, environ 16 000 sans-abri, et près de 43 000 individus portés disparus. Plus de 6 400 personnes ont pu être extraites vivantes des décombres, tandis que 59 000 bâtiments ont été endommagés. Quelque 680 000 enfants ont besoin d'une aide humanitaire urgente.

Les secouristes étrangers confrontés à l'horreur

Mardi, les équipes de secours venues d'Équateur et des États-Unis ont mis fin à une opération de sauvetage à Macuto, dans l'État de La Guaira, après plus de 40 heures de tentatives pour atteindre une mère et ses trois enfants prisonniers des gravats d'un immeuble effondré. Les signes de vie ayant cessé, les secouristes ont conclu qu'il ne restait plus d'espoir de les retrouver vivants. « Au final, nous croyons que les jours sont déjà passés et que ce que nous trouverons désormais, c'est la mort », a déclaré le major Jorge Montanero, chef de l'équipe équatorienne.

Les agences d'aide humanitaire mettent en garde contre une aggravation de la faim, des maladies et une saturation du système de santé, déjà submergé par l'afflux de blessés et la pénurie de moyens. L'Organisation des Nations unies a estimé que près de 7 millions de personnes sont affectées par la catastrophe, un chiffre qui pourrait encore augmenter à mesure que les recherches avancent.

Un bilan qui pourrait être sous-estimé

Plusieurs experts et organisations, dont le Comité international de la Croix-Rouge, ont exprimé leurs craintes que le nombre de victimes ne soit en réalité bien supérieur aux chiffres officiels, en raison de l'effondrement de nombreux bâtiments dans des zones reculées ou difficiles d'accès, ainsi que de la désorganisation des registres d'état civil. Les opérations de déblaiement se heurtent par ailleurs à la vétusté des équipements et au manque de carburant, qui entravent la logistique des équipes de secours.

Une aide internationale qui se met en place

Plusieurs pays ont dépêché des équipes de sauvetage, du matériel médical et des dons. Les États-Unis ont déployé des moyens lourds pour aider à soulever les structures de béton et à rechercher d'éventuels survivants. Parallèlement, des ONG britanniques ont lancé des appels aux dons. La diaspora colombienne, très présente au Venezuela, s'est également mobilisée pour venir en aide aux familles touchées. Toutefois, les rescapés et les familles de disparus critiquent la lenteur et l'organisation des secours, pointant du doigt le manque de coordination entre les autorités locales et nationales.

La menace de répliques et de nouvelles secousses

Alors que le pays est encore sous le choc, une réplique sismique a été ressentie dans plusieurs régions, ranimant l'angoisse des populations déjà traumatisées. Les sismologues continuent de surveiller l'activité tellurique et appellent à la plus grande prudence dans les zones où les bâtiments sont fragilisés. Le gouvernement a annoncé la mise en place de centres d'hébergement provisoires et la distribution de tentes et de repas chauds, mais les besoins immenses dépassent pour l'instant les capacités de réponse.

L'espoir malgré tout

Malgré le contexte dramatique, des sauvetages miraculeux ont été rapportés ces derniers jours : un père et son fils ont été dégagés vivants des gravats, tout comme une femme de 60 ans, 86 heures après les séismes. Ces quelques histoires de rescapés entretiennent une lueur d'espoir chez les familles qui attendent encore des nouvelles de leurs proches. Mais le temps joue désormais contre les équipes de secours, et la priorité se déplace lentement vers l'identification des corps et la gestion des conséquences sanitaires et sociales de la catastrophe.