L'administration américaine a officiellement levé les restrictions qui pesaient depuis le 12 juin sur les deux modèles d'intelligence artificielle les plus puissants d'Anthropic. Le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a informé l'entreprise basée à San Francisco que les licences d'exportation et de transfert sur le territoire américain ne sont plus requises pour les systèmes Claude Mythos 5 et Claude Fable 5.

Cette décision met fin à une période de fortes tensions entre Anthropic et le pouvoir exécutif. Le département du Commerce avait initialement ordonné à la société de suspendre l'accès à ses dernières générations de modèles pour tous les ressortissants étrangers, invoquant des motifs de sécurité nationale. Les deux modèles concernés, particulièrement performants dans la détection de vulnérabilités logicielles, représentaient une avancée significative par rapport à leurs prédécesseurs.

Dans la lettre adressée à Anthropic, Howard Lutnick a indiqué que l'entreprise « a pris des mesures en étroite coordination avec le gouvernement américain pour répondre aux risques associés à Claude Mythos 5 et Claude Fable 5 ». Cette formulation suggère qu'Anthropic a accepté des conditions supplémentaires ou modifié certains aspects de ses modèles pour obtenir la levée des restrictions.

Un conflit qui s'apaise

Ce dénouement intervient après plusieurs semaines de tractations et de confrontations juridiques. Les restrictions imposées mi-juin constituaient le deuxième épisode d'un bras de fer entre Anthropic et l'administration Trump. En mars déjà, le Pentagone avait classé l'entreprise comme un « risque inacceptable pour la chaîne d'approvisionnement », une décision qui limitait potentiellement l'utilisation de ses technologies par les agences fédérales. Anthropic avait intenté une action en justice contre cette désignation.

La mesure de juin avait suscité de vives interrogations sur le degré d'intervention de l'exécutif dans le secteur de l'intelligence artificielle, en pleine expansion. Elle risquait par ailleurs de perturber gravement le développement technologique d'Anthropic, qui figure parmi les acteurs les plus influents du domaine aux côtés d'OpenAI.

La décision annoncée ce 30 juin marque un apaisement significatif des relations entre l'entreprise et les autorités fédérales. Anthropic devrait pouvoir reprendre ses activités dans des conditions proches de la normale, après avoir démontré sa capacité à coopérer avec les exigences gouvernementales en matière de sécurité.