Une discussion massive a pris d'assaut le réseau social X cette semaine, des fondateurs de jeunes pousses technologiques y dévoilant des récits souvent édifiants de leurs interactions avec des investisseurs en capital-risque. Lancée par un créateur de contenu, la conversation a mis en lumière des comportements allant de l'étrange à l'exaspérant, certains entrepreneurs n'hésitant pas à nommer les protagonistes.
L'initiateur du mouvement : une histoire d'assoupissement
Le déclencheur est venu de Greg Isenberg, podcasteur, auteur d'une lettre d'information et fondateur de la société holding Late Checkout Studio. Celui-ci a relaté une expérience vécue lors d'une présentation pour un tour de table de série A de 15 millions de dollars. « J'étais dans la salle de réunion d'un fonds d'investissement parmi les trois plus grands. Douze personnes assistaient à la réunion. L'un des associés s'est endormi. Complètement, pendant plus de trente minutes. Personne n'a rien dit. On a continué comme si de rien n'était », a-t-il écrit dans un message devenu viral.
Les investisseurs somnolents, thème récurrent
L'anecdote a réveillé une marée de témoignages similaires. De nombreux fondateurs ont raconté avoir vu des associés de fonds s'assoupir en pleine séance de pitch. Le créateur de Zynga, Mark Pincus, a lui aussi livré son épisode. « J'ai regardé mon amie qui avait organisé la réunion et je lui ai demandé si je devais continuer à présenter. Elle m'a répondu oui. C'était “Week-end chez Bernie” en plein cœur de la Silicon Valley », a-t-il commenté, référence au film où un cadavre est promené comme s'il était vivant.
Plus surprenant encore, l'endormissement n'a pas toujours signifié un refus d'investissement. Plusieurs fondateurs ont indiqué avoir reçu des lettres d'intention de la part de partenaires qui avaient somnolé durant leur présentation. Liz Wessel, cofondatrice et ancienne dirigeante de la plateforme de recrutement WayUp, aujourd'hui associée chez First Round Capital, a raconté : « J'ai présenté un partenariat en 2015 pour notre série A. Un associé (figure célèbre du classement Midas) s'est endormi. Un autre n'arrêtait pas de froncer les sourcils. Deux heures après la réunion, j'ai reçu un appel m'informant qu'ils nous envoyaient une offre. » Son équipe a finalement refusé cet apport, au grand étonnement du fonds concerné.
Une réaction d'ancienne associée
Face à cette avalanche de récits, Arianna Simpson, ancienne associée du fonds a16z, a ironisé sur le réseau social : « Est-ce que les investisseurs vont bien ? La narcolepsie semble sévir à grande échelle. »
Au-delà de la somnolence : promesses non tenues et disparitions
D'autres témoignages ont évoqué des situations plus graves : des investisseurs signant des term sheets, puis se rétractant au dernier moment ou bien tout simplement cessant toute communication sans jamais virer les fonds promis. Ces comportements, décrits comme particulièrement frustrants, ont été rapportés par plusieurs entrepreneurs, sans que le fil de discussion ne donne davantage de détails sur les circonstances exactes.
Cette libération de la parole, rendue possible par l'anonymat relatif des publications sur X, pourrait inciter davantage de fondateurs à partager leurs expériences et, peut-être, à pousser le secteur à une remise en question de certaines pratiques.