L'exécutif mise sur une moisson historique d'annonces d'investissements étrangers à l'occasion de la neuvième édition du sommet Choose France, qui se tient ce lundi au château de Versailles. La rencontre, placée sous le signe de l'attractivité du territoire, intervient alors que la conjoncture économique nationale donne des signes de fragilité, avec un recul du produit intérieur brut au premier trimestre et une accélération de l'inflation.
Un sommet sous le signe de la relance
Organisé chaque année depuis 2018, ce rendez-vous réunit des dirigeants de grandes entreprises étrangères et des membres du gouvernement autour d'un programme de promotion des atouts de la France. Le chef de l'État doit prendre la parole en fin de journée pour détailler les projets validés et souligner la dynamique d'attractivité du pays, malgré les vents contraires économiques.
Les autorités escomptent un volume total d'engagements supérieur à celui des éditions précédentes, qui avait déjà atteint des niveaux records ces dernières années. Plusieurs groupes industriels et technologiques sont annoncés prêts à concrétiser des projets de création d'usines, de centres de recherche ou de services, avec des retombées en termes d'emplois et d'innovation.
Des investissements dans l'industrie et les technologies
Parmi les annonces attendues, le secteur manufacturier occupe une place de choix. Un fabricant de cocottes, la société Staub, a fait savoir qu'il injectera 42 millions d'euros pour convertir ses installations du gaz à l'électricité, illustrant la priorité donnée à la décarbonation de l'industrie française. Ce projet devrait permettre de moderniser l'outil productif tout en réduisant l'empreinte carbone.
D'autres dossiers concernent l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les batteries pour véhicules électriques et la santé. Ces domaines sont considérés comme stratégiques par l'Élysée dans le cadre de la réindustrialisation et de la transition écologique. Plusieurs annonces doivent être officialisées en présence des chefs d'entreprise.
Un contexte économique contrasté
Ce sommet intervient dans un environnement particulier. La France vient d'enregistrer une contraction de son PIB de 0,1 % au premier trimestre, une performance inférieure aux prévisions. Parallèlement, l'inflation a accéléré en mai pour atteindre 2,4 % sur un an, tirée notamment par les prix des services et de l'énergie.
Malgré ces indicateurs, l'exécutif considère que l'attractivité du pays repose sur des atouts structurels : main-d'œuvre qualifiée, infrastructures, stabilité politique, fiscalité avantageuse pour les entreprises via le crédit d'impôt recherche ou le régime des impatriés. Les réformes engagées depuis 2017 – code du travail, baisse de l'impôt sur les sociétés, loi Pacte – sont régulièrement mises en avant pour séduire les investisseurs.
Vers un record ?
Lors des précédentes éditions, le montant cumulé des annonces avait dépassé les 15 milliards d'euros en 2024 et 2025. Les chiffres de 2026 devraient être communiqués en fin de journée par la présidence de la République. Les services de l'État s'attendent à une progression, sans pour autant en préciser le montant exact avant la clôture des débats.
Les observateurs notent que la compétition entre pays européens pour attirer les capitaux étrangers s'intensifie, notamment avec les dispositifs américains de l'Inflation Reduction Act et les efforts de l'Allemagne ou de l'Espagne. La France mise sur la rapidité d'obtention des permis et sur la stabilité réglementaire pour conserver son rang de première destination des investissements productifs en Europe, une place qu'elle occupe depuis plusieurs années selon les données de la Banque de France.
Des retombées attendues pour l'emploi
Au-delà des montants, les autorités mettent en avant les créations d'emplois associées à ces projets. Chaque investissement est présenté comme un vote de confiance dans l'économie française. Les secteurs de la batterie, de l'hydrogène vert et de la santé sont particulièrement scrutés, car ils sont censés générer des milliers de postes directs et indirects.
Les syndicats, tout en saluant les perspectives industrielles, appellent à une vigilance sur les conditions de travail et sur la réalité des implantations effectives. Certains projets annoncés lors de précédentes éditions ont été retardés ou réduits, suscitant des critiques sur la méthode de communication gouvernementale.
En résumé
Le sommet Choose France 2026 ouvre une nouvelle séquence de séduction des investisseurs. Alors que la conjoncture économique se tend, l'exécutif mise sur une récolte record pour conforter son récit de l'attractivité française. Les annonces concrètes, notamment dans l'industrie et la tech, seront scrutées par les marchés et les partenaires sociaux, tandis que le pays cherche à conjuguer transition écologique et compétitivité.