Le palais de Versailles accueillera en début de semaine prochaine la septième édition du sommet Choose France, rendez-vous annuel destiné à attirer les capitaux étrangers. Pour celui qui devrait être le dernier du président de la République avant la fin de son mandat, l'ambition affichée est de franchir un nouveau palier. Les services de l'Élysée escomptent dévoiler un volume total d'engagements supérieur au record de 15 milliards d'euros enregistré lors de l'édition précédente.

Le contexte économique dans lequel s'inscrit cette nouvelle édition est toutefois contrasté. D'un côté, les indicateurs macroéconomiques témoignent d'un certain essoufflement de la dynamique industrielle : la production manufacturière française a reculé de 0,6 % au premier trimestre par rapport au trimestre antérieur, et les défaillances d'entreprises dans le secteur industriel se sont accrues de 9 % sur un an. De l'autre, l'exécutif met en avant des succès tangibles, comme l'implantation d'une gigafactory de batteries à Douvrin (Pas-de-Calais) et la construction d'une usine de semi-conducteurs à Crolles (Isère), pour démontrer que la stratégie d'attractivité porte ses fruits.

Des annonces très diverses en préparation

Plusieurs dizaines de projets doivent être officialisés. Les secteurs de la santé, des technologies vertes et de l'intelligence artificielle devraient être particulièrement représentés. Un groupe pharmaceutique international planifierait la création d'un centre de recherche et de production en région parisienne. Un autre projet concerne un fabricant de composants électroniques qui implanterait une unité de production en Nouvelle-Aquitaine. Plusieurs entreprises nord-américaines et asiatiques figureraient parmi les investisseurs.

Le sommet doit également être l'occasion d'annonces d'extensions de sites existants : une entreprise allemande spécialisée dans l'équipement industriel prévoit d'agrandir son usine alsacienne, tandis qu'un groupe japonais augmenterait la capacité de son usine de pneumatiques située dans le Nord.

Un message politique à destination des investisseurs

Selon des sources proches de la présidence, le chef de l'État entend profiter de ce rendez-vous pour rassurer les chefs d'entreprise étrangers sur la stabilité du cadre réglementaire et fiscal français, dans un climat d'incertitude politique accrue. Il s'emploiera notamment à défendre les réformes menées depuis 2017 – baisse du taux de l'impôt sur les sociétés, refonte du droit du travail, crédit d'impôt recherche – qu'il présente comme des atouts décisifs dans la compétition internationale pour attirer les usines et les centres de décision.

Plusieurs participants au sommet interrogés en amont de l'événement évoquent cependant des préoccupations persistantes : la complexité administrative, le coût du travail et la fiscalité locale restent des points de vigilance pour les investisseurs. Un dirigeant d'un fonds d'investissement américain a confié que la France demeurait « un marché prometteur, mais pas un territoire où l'on peut s'implanter sans un accompagnement juridique solide ».

Un bilan contrasté après six éditions

Depuis 2018, le sommet Choose France a permis d'annoncer officiellement près de 49 milliards d'euros d'investissements. Selon les données compilées par l'agence Business France, environ les deux tiers de ces montants ont effectivement été concrétisés, un taux de réalisation jugé satisfaisant par les pouvoirs publics. Les créations d'emplois annoncées lors de ces sommets s'élèvent cumulativement à environ 38 000 postes.

Reste que le rythme de réindustrialisation semble marquer le pas. La part de l'industrie dans la valeur ajoutée française stagne autour de 10 %, loin de l'objectif de 15 % que le président s'était fixé à mi-parcours de son premier quinquennat. Les économistes soulignent également que les effets des investissements étrangers mettent plusieurs années à se traduire dans les statistiques de l'emploi industriel.

Une édition sous le signe de la transition

Au-delà des chiffres, ce dernier Choose France de l'ère Macron pourrait marquer un tournant dans la communication gouvernementale sur l'industrie. Plusieurs sources indiquent que l'accent sera mis sur les projets liés à la décarbonation et à l'économie circulaire, domaines dans lesquels la France cherche à se positionner comme un leader européen. Un consortium d'entreprises françaises et étrangères doit ainsi annoncer un investissement de plus d'un milliard d'euros dans une plateforme de recyclage de batteries en région Grand Est.

Le sommet sera clos par un déjeuner de travail au château de Versailles, durant lequel le chef de l'État devrait s'entretenir directement avec les dirigeants des plus grandes multinationales présentes. La question des droits de douane imposés par les États-Unis sur les produits européens devrait également être au menu des discussions, plusieurs patrons américains ayant fait le déplacement.