La Cour suprême de Corée du Sud a définitivement entériné, jeudi 9 juillet, la peine de sept années d'emprisonnement infligée à l'ancien président Yoon Suk Yeol. Cette décision met un terme à une partie des procédures engagées contre lui pour les événements ayant découlé de sa déclaration avortée de la loi martiale en décembre 2024.
Une confirmation sans ambiguïté
« Tous les appels sont rejetés », a déclaré un juge de la Cour suprême lors d'une audience télévisée, estimant qu'« aucune erreur d'interprétation juridique » n'entachait les décisions précédentes. Cette condamnation à sept ans de prison concerne des chefs d'accusation liés à l'usurpation de pouvoir et à l'obstruction à la justice. En janvier dernier, un tribunal de première instance avait prononcé une peine de cinq ans, avant que la cour d'appel ne la porte à sept ans.
Le parquet avait notamment reproché à Yoon Suk Yeol d'avoir utilisé des agents de sécurité présidentiels pour empêcher son arrestation, ainsi que d'avoir abusé de ses prérogatives pendant la crise politique qui a suivi le décret martial raté. L'ancien président a toujours soutenu avoir agi dans l'intérêt public. Les juges ont néanmoins retenu l'existence d'un « complot intentionnel » ayant généré un « coût social énorme ».
Un ancien chef d'État déjà sous les verrous
Yoon Suk Yeol purge déjà une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour avoir dirigé une insurrection par le biais de sa proclamation de la loi martiale. Il conteste également une condamnation à trente ans de prison pour avoir envoyé des drones en territoire nord-coréen. L'accumulation de ces lourdes sanctions judiciaires fait de lui le premier ancien président sud-coréen à être incarcéré pour des faits commis pendant et après son mandat.
La défense annonce un recours constitutionnel
L'équipe juridique de Yoon Suk Yeol a exprimé son « profond regret » à l'annonce de l'arrêt de la Cour suprême, estimant que celle-ci était parvenue à sa conclusion « sans délibération suffisante ». Un avocat de l'ancien chef de l'État a déclaré : « Nous contesterons la constitutionnalité de cette décision par le biais de procédures de révision constitutionnelle, y compris un recours constitutionnel. » Cette annonce laisse présager de nouveaux développements juridiques, même si la voie d'un pourvoi devant la Cour constitutionnelle semble étroite au vu de la confirmation par la plus haute instance judiciaire ordinaire.
Un épilogue judiciaire aux répercussions politiques
Cette confirmation intervient alors que la Corée du Sud continue de mesurer les conséquences politiques du passage éphémère de la loi martiale. Le pays, profondément divisé, a vu son paysage politique bouleversé par la destitution et l'incarcération de Yoon Suk Yeol. La décision de la Cour suprême clôt un chapitre de ces affaires, mais d'autres procédures liées à la gestion de la crise par les hauts responsables militaires et gouvernementaux sont toujours en cours. L'ancien président, quant à lui, demeure détenu dans l'attente de l'issue de ses autres recours.