La Cour suprême de Corée du Sud a définitivement entériné, jeudi 9 juillet, la condamnation à sept années d’incarcération de l’ancien président Yoon Suk-yeol pour des faits d’obstruction à la justice liés à sa déclaration ratée de la loi martiale en décembre 2024. La décision, rendue en audience publique et retransmise à la télévision, met un terme à la procédure d’appel.

« Tous les recours sont rejetés », a déclaré un juge de la haute instance, estimant que les décisions des juridictions inférieures ne comportaient aucune erreur d’interprétation juridique. Le parquet avait requis une peine de dix ans de prison, tandis que la défense plaidait l’acquittement.

Un parcours judiciaire en plusieurs étapes

Yoon Suk-yeol avait été condamné en première instance à cinq ans de prison en janvier pour abus de pouvoir et entrave aux délibérations du Conseil des ministres. Il lui était notamment reproché d’avoir utilisé des signatures falsifiées du Premier ministre avant de proclamer la loi martiale, puis d’avoir mobilisé des agents de la sécurité présidentielle pour empêcher sa propre arrestation après l’annulation de cette proclamation par les députés.

La cour d’appel avait alourdi cette peine à sept ans en avril, décision que l’ex-président et le ministère public avaient contestée devant la Cour suprême. L’arrêt de celle-ci est sans appel possible.

Réaction de la défense

Les avocats de Yoon Suk-yeol ont exprimé leur « profond regret » face à cette confirmation. Ils estiment que la plus haute juridiction a statué « sans délibération suffisante » et ont annoncé leur intention de déposer une plainte constitutionnelle pour contester la validité de l’arrêt.

« Nous contesterons la constitutionnalité de cette décision par le biais des procédures de révision constitutionnelle, y compris une plainte constitutionnelle », a déclaré un des conseils de l’ancien chef de l’État.

Un ancien président déjà lourdement condamné

Yoon Suk-yeol, destitué en avril 2025, purge déjà une peine de réclusion à perpétuité pour avoir fomenté une insurrection avec sa déclaration martiale. Il a également été condamné à trente ans de prison pour avoir ordonné l’envoi de drones en Corée du Nord, une affaire distincte. Dans cette dernière affaire, l’ancien président a fait appel, affirmant avoir agi « pour le seul bien de la nation ».

La confirmation de la peine de sept ans s’ajoute donc à un lourd passif judiciaire pour celui qui fut à la tête de l’État sud-coréen de 2022 à 2025. L’ensemble de ces condamnations marque un précédent historique dans le pays, où plusieurs anciens présidents ont déjà été traduits en justice après leur mandat.