Un accueil en demi-teinte pour le Mondial

Alors que les États-Unis s'apprêtent à accueillir la Coupe du monde de football en 2026, l'une des métropoles sélectionnées pour recevoir des rencontres du tournoi fait figure d'exception. À Boston, la compétition à venir suscite un intérêt limité, voire une certaine indifférence, auprès d'une partie de la population. Loin de l'effervescence qui entoure habituellement le football dans d'autres régions du globe, la ville semble aborder l'événement avec une forme de retenue.

Plusieurs habitants interrogés ces derniers jours confient ne pas mesurer pleinement l'ampleur de l'événement. Pour certains résidents, le soccer n'occupe pas une place centrale dans les préoccupations quotidiennes. « Le soccer n’est pas notre priorité », a ainsi déclaré un passant, résumant un sentiment partagé par plusieurs personnes rencontrées sur place.

Un contexte sportif local dominant

La relative tiédeur observée à Boston s'explique en partie par la prédominance des sports américains traditionnels dans la région. La ville, qui compte des franchises historiques dans les quatre grandes ligues professionnelles (baseball, basket-ball, football américain et hockey sur glace), reste profondément attachée à ces disciplines. Le football, ou soccer comme on le nomme localement, peine à s'imposer face à cette offre sportive pléthorique et profondément ancrée dans la culture locale.

Ce constat n'est pas propre à Boston : dans l'ensemble du pays, le soccer occupe une place secondaire dans le paysage médiatique et sportif, même si sa pratique chez les jeunes est en croissance. La compétition à venir, qui se déroulera conjointement aux États-Unis, au Canada et au Mexique, représente pourtant une occasion unique de développer l'intérêt pour ce sport.

Des préparatifs qui avancent, un public à convaincre

Malgré ce manque d'enthousiasme apparent, les préparatifs logistiques et infrastructurels se poursuivent dans la ville. Les autorités locales et les organisateurs de l'événement travaillent à la mise en place des dispositifs nécessaires à l'accueil des équipes et des supporteurs. Boston doit notamment accueillir plusieurs rencontres de la phase de groupes, ainsi que des matchs à élimination directe.

Toutefois, la question de la mobilisation du public reste posée. Si les supporteurs étrangers devraient affluer pour soutenir leurs sélections, la participation du public américain, et plus particulièrement bostonien, est incertaine. Les promoteurs du tournoi comptent sur une série d'initiatives de promotion et d'animation dans les mois à venir pour susciter l'intérêt.

Un défi culturel et médiatique

La difficulté à installer la ferveur du Mondial à Boston illustre un défi plus large pour la Fédération internationale de football et les organisateurs locaux : faire du soccer un sport populaire dans un pays où la concurrence des sports majeurs est féroce. Si la sélection nationale américaine a connu un regain d'intérêt lors des dernières compétitions internationales, la discipline reste encore loin derrière le football américain, le basket-ball ou le baseball en termes d'audience et de couverture médiatique.

Pour inverser la tendance, plusieurs actions de proximité sont envisagées, notamment l'organisation d'événements gratuits, des tournois de quartier et des campagnes de communication ciblant les communautés immigrées, traditionnellement plus attachées au soccer. Reste à savoir si ces efforts parviendront à transformer la curiosité en passion d'ici le coup d'envoi de la compétition.