L'édition 2026 de la Coupe du monde de football marque un tournant pour le football africain. Pour la première fois, le continent aligne dix sélections nationales dans un tournoi qui passe de 32 à 48 équipes. Ce contingent record comprend le Maroc, le Sénégal, l'Égypte, la Côte d'Ivoire, l'Afrique du Sud, la République démocratique du Congo, la Tunisie, l'Algérie, le Ghana et le Cap-Vert, ce dernier effectuant ses débuts dans la compétition.
Une entrée en matière contrastée
Le match d'ouverture a opposé l'Afrique du Sud au Mexique, l'un des trois pays hôtes avec les États-Unis et le Canada. Devant l'un des publics les plus bruyants du tournoi, les Bafana Bafana – surnom de l'équipe sud-africaine qui signifie « les garçons » en zoulou – se sont inclinés 2 à 0. Malgré la défaite, la sélection a tenté de s'affranchir de l'héritage de 2010, année où l'Afrique du Sud était devenue le premier pays organisateur à être éliminé dès la phase de groupes.
Toutefois, la ferveur continentale n'a pas été unanime autour de l'Afrique du Sud. De nombreux supporters africains ont soutenu le Mexique en raison d'un ressentiment persistant lié à des récentes attaques xénophobes en Afrique du Sud, qui ont exacerbé les tensions régionales.
Ambitions affichées par les autres sélections
Du côté de la Côte d'Ivoire, le sélectionneur Emerse Fae a affiché des objectifs élevés après la victoire serrée de son équipe contre l'Équateur (1-0). « Nous sommes venus avec des ambitions, avec de grands espoirs », a-t-il déclaré. L'attaquant Sébastien Haller, pilier des Éléphants, a joué un rôle déterminé dans le sacre de son pays lors de la Coupe d'Afrique des nations 2024 et reste une pièce maîtresse du dispositif ivoirien.
Un défi pour passer de la quantité à la performance
Si la multiplication des représentants africains est perçue comme une avancée, elle pose également la question de la performance réelle sur la scène mondiale. Les observateurs soulignent que le Ghana, qui avait atteint les quarts de finale lors d'éditions précédentes, constitue un modèle de référence pour les nations cherchant à franchir un cap. Le Cap-Vert, novice dans l'épreuve, incarne l'espoir de voir émerger de nouveaux talents dans une compétition où l'expérience fait souvent la différence.
Des espoirs de premier sacre
Aucune nation africaine n'a encore soulevé le trophée de la Coupe du monde. Le Maroc, après son parcours historique en demi-finale en 2022, demeure l'une des principales chances du continent. L'Algérie, le Sénégal et la Tunisie disposent également d'effectifs compétitifs capables de bousculer la hiérarchie établie. La République démocratique du Congo effectue quant à elle un retour remarqué après une longue absence.
Enjeux au-delà du terrain
Au-delà des performances sportives, la Coupe du monde 2026 offre une vitrine pour les valeurs et les luttes portées par certaines sélections. Des manifestations de solidarité avec la Palestine ont été observées lors des premiers matches, illustrant la dimension politique que peut prendre le sport. Par ailleurs, la question des droits humains et des conditions d'accueil des travailleurs migrants dans les pays hôtes continue d'alimenter les débats en marge de la compétition.
Une compétition à suivre
Alors que les phases de groupes se poursuivent, les regards se tournent vers les prochaines rencontres des équipes africaines. La route vers les huitièmes de finale s'annonce semée d'obstacles, mais l'élargissement de la représentation africaine offre au continent une chance historique de marquer l'histoire du football mondial.