La 23e édition de la Coupe du monde de football, qui se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique, marque un tournant majeur pour le football africain. Pour la première fois, le nombre de places accordées au continent passe de cinq à dix, conséquence directe du passage de 32 à 48 équipes participantes. Cette ouverture inédite permet à dix nations africaines de fouler la pelouse du tournoi planétaire : le Maroc, le Sénégal, l’Égypte, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo, la Tunisie, l’Algérie, le Ghana et le Cap-Vert.
Un premier test contrasté
Le coup d’envoi du Mondial a vu l’Afrique du Sud – seul représentant africain à avoir accueilli la compétition en 2010 – affronter le Mexique, l’un des trois pays hôtes. Devant un stade survolté, les Bafana Bafana se sont inclinés 2-0. Si le résultat déçoit, la prestation des joueurs sud-africains a montré leur volonté de tourner la page de l’édition 2010, où le pays était devenu la première nation hôte éliminée dès la phase de groupes. La rencontre a également révélé des tensions continentales : certains supporteurs africains ont soutenu le Mexique, en réaction à des actes xénophobes récents en Afrique du Sud ayant suscité un ressentiment durable.
La Côte d’Ivoire en confiance
De son côté, la Côte d’Ivoire a rapidement rassuré. Les Éléphants se sont imposés 1-0 face à l’Équateur dans une rencontre intense. Le sélectionneur Emerse Fae a déclaré après le match : « Nous sommes venus avec des ambitions, avec de grands espoirs. » L’attaquant Sébastien Haller, pilier de l’équipe grâce à sa puissance physique et sa finition, a été l’un des artisans de cette victoire, après avoir été décisif lors du sacre ivoirien à la Coupe d’Afrique des nations 2024.
Les autres forces en présence
Le Maroc, demi-finaliste du Mondial 2022, reste la formation africaine la plus attendue. Le Sénégal, champion d’Afrique en 2022, dispose d’un groupe expérimenté. L’Égypte, portée par sa défense de fer, et l’Algérie, finaliste de la dernière CAN, nourrissent également des espoirs légitimes. Le Ghana, qui avait atteint les quarts de finale en 2010 – la meilleure performance africaine à ce jour – tente de renouer avec cette gloire passée. La Tunisie, habituée des phases finales, vise une première qualification pour les huitièmes de finale.
Les nouveaux visages
Le Cap-Vert effectue ses grands débuts dans la compétition, une première historique pour cet archipel d’Afrique de l’Ouest. La République démocratique du Congo, de retour après une longue absence, compte sur son collectif solide pour créer la surprise. Ces deux nations illustrent la diversité accrue du football africain sur la scène mondiale.
Des chances réelles mais des obstacles
Avec autant de représentants, le continent espère enfin dépasser le cap des quarts de finale, un plafond de verre jamais brisé depuis 2010. Toutefois, la route est semée d’embûches : les cadors sud-américains et européens restent des adversaires redoutables, et la pression médiatique et populaire pèse sur chaque sélection. Les prochains matchs de groupe permettront de jauger la capacité des équipes africaines à transformer ce nombre record en succès tangible. Le chemin vers les huitièmes de finale est ouvert, mais chaque rencontre exigera concentration et discipline.