Belgique – États-Unis : une démonstration de force

La rencontre disputée lundi à Seattle n’a pas fait de quartier. Dès la neuvième minute, Charles De Ketelaere, attaquant de l’Atalanta, inscrivait le premier but belge en reprenant un centre de Nicolas Raskin, profitant d’une défense américaine trop laxiste. Ce but inaugurait une soirée cauchemardesque pour les coorganisateurs du Mondial, qui encaissaient pour la première fois de la compétition l’ouverture du score.

Les États-Unis ont brièvement égalisé à la 31e minute grâce à Malik Tillman, né en Allemagne, sur un coup franc. Mais De Ketelaere a rapidement redonné l’avantage à la Belgique avant la pause. En seconde période, le gardien américain Matt Freese a commis une erreur fatale, offrant le troisième but à Hans Vanaken. Romelu Lukaku, entré en jeu, a scellé la victoire 4-1 en toute fin de match, après une nouvelle faute défensive adverse.

La fin de l’aventure pour les coorganisateurs

Avec cette défaite, les États-Unis suivent le Canada et le Mexique, les deux autres pays hôtes, vers la sortie. Tous ont été éliminés dès les huitièmes de finale. La rencontre a rassemblé environ 67 000 spectateurs dans le stade de Seattle.

Les Américains, qui avaient pourtant bénéficié d’un parcours de groupe prometteur, ont livré une prestation jugée insuffisante face à une équipe belge privée de plusieurs titulaires habituels. L’entraîneur belge Rudi Garcia avait en effet choisi de laisser sur le banc Kevin De Bruyne et Jérémy Doku, un pari payant.

La controverse Balogun

Le match a été largement éclipsé par les remous entourant la présence de l’attaquant américain Folarin Balogun. Ce dernier avait reçu un carton rouge lors du tour précédent contre la Bosnie-Herzégovine, ce qui devait entraîner une suspension automatique pour ce huitième de finale. Après que le président Donald Trump a reconnu avoir échangé avec le président de la FIFA, Gianni Infantino, au sujet de ce carton, l’instance mondiale a annoncé la suspension du joueur pour une durée d’un an, levant ainsi l’interdiction de jeu.

Cette décision a suscité de vives critiques de la part de supporters, d’analystes et de personnalités du football international, certains y voyant une ingérence politique. Les règles de la FIFA interdisent pourtant toute influence des autorités politiques sur les fédérations nationales, et l’organisation a déjà sanctionné plusieurs associations pour ce motif.

Infantino a défendu la mesure en affirmant que la décision avait été prise par la commission de discipline de la FIFA et que l’appel de Donald Trump n’avait eu aucune influence. Le président américain a pour sa part réitéré son soutien à Balogun.

Une performance mitigée pour Balogun

Malgré son maintien dans le onze de départ, accueilli par une immense clameur du public de Seattle, Balogun n’a pas pesé sur le match. Il a été à l’origine d’une faute obtenue à la demi-heure de jeu, qui a permis l’égalisation américaine, mais n’a pas réussi à se montrer décisif. Les observateurs notent qu’il n’a eu qu’un impact limité sur la rencontre.

La suite du parcours belge

Avec cette victoire, la Belgique affrontera l’Espagne en quart de finale, vendredi 10 juillet à Los Angeles. La rencontre s’annonce comme un choc de haut niveau entre deux équipes aux ambitions affirmées. Le parcours des Diables Rouges est d’autant plus remarqué qu’ils ont su faire preuve de réalisme et de solidité défensive.

Les supporters belges, peu nombreux dans les tribunes de Seattle, ont fait entendre leur voix tout au long du match, mais la foule locale, majoritairement acquise aux Américains, a été rapidement réduite au silence par la domination belge. L’ambiance, initialement électrique, est retombée après le premier but de De Ketelaere, et le stade n’a pas retrouvé son effervescence initiale.