Lorsque le coup d'envoi du Mondial 2026 a été donné, la Belgique ne figurait pas parmi les favoris. Trop de cadres historiques avaient pris leur retraite internationale, et le souvenir de l'élimination au premier tour en 2022 restait vif. Pourtant, après un parcours en dents de scie, les Diables Rouges ont signé l'une des performances les plus abouties du tournoi en dominant les États-Unis 4 à 1 à Seattle, en huitièmes de finale.
Un come-back mémorable Quelques jours plus tôt, la Belgique avait frôlé l'élimination face au Sénégal. Menée 2-0 à la 85e minute, la formation de Rudi Garcia a réussi un renversement de situation exceptionnel pour s'imposer et se hisser dans le dernier carré. Ce match a agi comme un électrochoc. « C'est une nouvelle ère pour nous », avait déclaré Thibaut Courtois avant la rencontre face aux États-Unis. Le gardien du Real Madrid, quadruple participant à la Coupe du monde, incarne la continuité avec la génération dorée.
Les survivants de la génération dorée Eden Hazard, Mousa Dembele, Marouane Fellaini et Vincent Kompany ne sont plus là. Mais le noyau belge compte encore Romelu Lukaku, Kevin De Bruyne, Axel Witsel et Courtois. Le sélectionneur Rudi Garcia a su tirer parti de l'expérience de ces joueurs tout en intégrant des éléments plus jeunes, comme Diego Moreira. La victoire contre les États-Unis a démontré que cette équipe n'avait pas dit son dernier mot. « Ce que les vieux peuvent faire », titrait un observateur après la prestation de Lukaku et Courtois, décisifs lors de ce huitième.
Une défense retrouvée La campagne 2022 avait été un fiasco : la Belgique avait été éliminée dès les phases de groupes derrière le Maroc et la Croatie. Le départ de plusieurs cadres a paradoxalement libéré un groupe qui semblait essoufflé. Contre les États-Unis, les Diables Rouges ont affiché une maîtrise tactique et une solidité défensive que l'on ne leur connaissait plus. Le score de 4-1 reflète une domination nette, sur la pelouse même de l'adversaire.
Un quart de finale brûlant Avec cette victoire, la Belgique décroche un ticket pour les quarts de finale où l'attend l'Espagne, vendredi (20h00 BST). Un défi de taille, mais la renaissance belge intrigue. La vieille garde a prouvé qu'elle pouvait encore rivaliser avec les meilleures nations. « La génération dorée a livré un combat vaillant, mais cette Coupe du monde marque sa fin », écrivait pourtant un analyste après l'élimination ultérieure de l'équipe. Ce paradoxe résume bien le destin belge : capable du meilleur comme du pire, la sélection a offert un sursaut d'orgueil avant de tourner la page.
L'héritage en marche Au-delà du résultat, c'est la manière qui a marqué les observateurs. Les Diables Rouges ont fait taire les critiques en renversant le Sénégal puis en surclassant les États-Unis. Les cadres historiques, souvent critiqués pour leur manque de cohésion, ont affiché un état d'esprit conquérant. Le sélectionneur Rudi Garcia a su insuffler une nouvelle dynamique, mêlant l'expérience des anciens à la fougue des jeunes. Si la génération dorée s'éteint doucement, elle laisse entrevoir une transition réussie.
Une page se tourne Quelle que soit l'issue du quart de finale face à l'Espagne, cette Coupe du monde 2026 restera comme celle où la Belgique a prouvé qu'elle n'était pas encore morte. Le match contre les États-Unis a symbolisé ce renouveau : une équipe qui retrouve son identité, portée par des joueurs qui ont marqué l'histoire du football belge. « Ils ont montré ce que les vieux routiers peuvent faire », a-t-on résumé. Une phrase qui sonne comme un adieu autant qu'un hommage.