La Havane est de nouveau plongée dans l'obscurité. Cuba subit depuis ce week-end une nouvelle panne électrique généralisée, la quatrième en moins de six mois. L'effondrement du réseau intervient alors que l'île est confrontée à une grave pénurie de combustible, attribuée par les autorités au blocus pétrolier imposé par les États-Unis.
Un réseau à bout de souffle
Le système électrique cubain, vieillissant et régulièrement mis à l'épreuve par les coupures de courant, a cédé une nouvelle fois. Les ingénieurs de l'Union électrique nationale (UNE) s'emploient à rétablir progressivement la fourniture d'électricité, mais aucun calendrier n'a été communiqué pour un retour à la normale. Cette panne constitue la plus récente d'une série noire qui a débuté au printemps dernier.
L'effondrement du réseau est directement lié à l'impossibilité d'importer suffisamment de pétrole et de produits raffinés. Les autorités cubaines pointent du doigt le renforcement des sanctions américaines, qui complique l'approvisionnement en fioul nécessaire au fonctionnement des centrales thermiques. Ces dernières assurent l'essentiel de la production d'électricité du pays.
Des conséquences immédiates pour la population
Pour les onze millions d'habitants, cette nouvelle panne aggrave une situation déjà difficile. Les coupures de courant, devenues quasi quotidiennes dans de nombreuses provinces, perturbent l'approvisionnement en eau potable, la conservation des aliments et le fonctionnement des services de santé. Les hôpitaux, qui disposent de générateurs de secours, sont toutefois partiellement protégés.
Dans les rues de La Havane, la population s'organise comme elle peut. Les commerces ferment, les transports sont paralysés et les communications sont rendues difficiles. Cette nouvelle défaillance intervient en pleine saison estivale, période où la demande d'électricité est la plus forte en raison de la chaleur.
Une crise énergétique structurelle
Au-delà de l'épisode immédiat, la situation de Cuba révèle une fragilité profonde. Le pays dépend à plus de 90 % de ses centrales thermiques, dont une partie est hors service faute de maintenance ou de pièces détachées. Les investissements dans les énergies renouvelables, pourtant envisagés comme une solution de long terme, restent limités.
Le gouvernement cubain a multiplié les appels à la solidarité internationale et dénoncé les conséquences de l'embargo américain. Les autorités estiment que ces sanctions privent le pays de ressources essentielles pour entretenir et moderniser son parc électrique.
Vers une situation durable ?
Les experts redoutent que ces pannes ne deviennent plus fréquentes à mesure que les infrastructures se dégradent. Le manque de devises étrangères empêche Cuba d'acquérir du combustible comme des pièces de rechange sur les marchés internationaux. En attendant, la priorité est de rétablir un service minimum, sans garantie de stabilité à long terme.