La Cour fédérale du Canada a rejeté, mardi 16 juin, le recours déposé par le gouvernement ghanéen pour obtenir un visa en faveur de Thomas Partey. Le milieu de terrain de 32 ans, qui évolue à Villarreal après un passage à Arsenal (2020-2025), est donc privé de la première rencontre de la Coupe du monde 2026 pour le Ghana, prévue mercredi à Toronto contre le Panama.

Le joueur est sous le coup d’une procédure pénale au Royaume-Uni, où il doit répondre de sept chefs d’accusation de viol et d’un chef d’agression sexuelle, portés par quatre femmes pour des faits qui se seraient déroulés entre 2020 et 2022. Thomas Partey a plaidé non coupable devant la justice britannique et sera jugé en 2027.

Un recours fondé sur l’équité, rejeté par Ottawa

Le ministère ghanéen des Affaires étrangères avait contesté la décision des autorités canadiennes en invoquant des « questions fondamentales d’équité et de proportionnalité ». Dans un communiqué, il estimait qu’il était « extrêmement injuste » de se fonder sur « des accusations non prouvées en l’absence d’une décision judiciaire ».

De son côté, un porte-parole du ministère canadien de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté avait rappelé, quelques jours plus tôt, que l’organisation d’événements d’envergure internationale ne modifiait en rien la politique migratoire du pays.

Le sélectionneur temporise, l’équipe respire

L’entraîneur du Ghana, Carlos Queiroz, s’est refusé à tout commentaire sur le fond de l’affaire, indiquant que son groupe se tenait prêt, quelle que soit l’issue de la procédure. « Il n’y a pas lieu de faire des commentaires. L’affaire est en cours », a-t-il déclaré aux médias mardi.

Thomas Partey se trouve actuellement à Boston avec le reste de la sélection ghanéenne. S’il ne pourra pas fouler la pelouse du stade de Toronto pour le match d’ouverture contre le Panama, il demeure inscrit sur la liste et pourrait participer aux rencontres suivantes, prévues respectivement contre l’Angleterre puis la Croatie à Philadelphie, sur le territoire américain.

Un précédent judiciaire sans lien avec le sport

Cette affaire met en lumière la confrontation entre les procédures migratoires nationales et les impératifs sportifs internationaux. Le droit canadien interdit l’entrée sur le territoire à toute personne faisant l’objet d’accusations pénales graves à l’étranger, sans attendre une éventuelle condamnation. La décision de la Cour fédérale confirme que les impératifs sportifs ne priment pas sur les dispositions légales en matière d’immigration.