Le milieu de terrain ghanéen Thomas Partey ne foulera pas les pelouses canadiennes lors de la Coupe du monde 2026. La justice canadienne a confirmé mardi la décision des autorités de ne pas lui délivrer de visa, le privant ainsi du premier match du Ghana dans le tournoi, prévu mercredi à Toronto face au Panama.

Le gouvernement ghanéen avait porté l’affaire devant la Cour fédérale du Canada pour tenter d’obtenir une annulation de ce refus. Il estimait « extrêmement injuste » que le joueur, qui se trouve avec ses coéquipiers à Boston, ne puisse pas entrer sur le territoire pour la compétition. Mais la magistrature a maintenu la décision initiale.

Un recours diplomatique infructueux

Le Ghana s’était mobilisé au plus haut niveau pour contester cette interdiction. Le ministère des Affaires étrangères avait souligné que la décision de se fonder sur des accusations non encore jugées soulevait, selon lui, « des questions fondamentales d’équité et de proportionnalité ». Le communiqué officiel précisait que le pays respectait le droit souverain du Canada en matière d’immigration, tout en regrettant l’absence de décision judiciaire définitive au Royaume-Uni.

De son côté, un porte-parole du ministère canadien de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté a rappelé que l’organisation d’un grand événement sportif ne modifiait en rien les règles d’entrée sur le territoire. Chaque candidat à l’entrée est soumis aux mêmes critères, a-t-il expliqué.

Des accusations graves outre-Manche

Thomas Partey, âgé de 32 ans, fait l’objet de sept chefs d’accusation de viol et d’un chef d’agression sexuelle au Royaume-Uni. Les faits qui lui sont reprochés auraient été commis entre 2020 et 2022, période durant laquelle il évoluait sous le maillot d’Arsenal, club qu’il a quitté en 2025 pour rejoindre Villarreal, en Espagne. Le joueur a plaidé non coupable et son procès est attendu en 2027.

Le sélectionneur du Ghana, Carlos Queiroz, avait déclaré mardi à la presse que son équipe serait prête quoi qu’il advienne. « Il n’y a pas lieu de faire des commentaires. L’affaire est en cours », avait-il sobrement commenté.

Un calendrier perturbé mais pas anéanti

Si Thomas Partey ne peut se rendre à Toronto pour le premier match de son équipe face au Panama, il reste toutefois autorisé à séjourner aux États-Unis, où il se trouve actuellement avec le reste de la sélection ghanéenne. Le joueur pourra ainsi participer aux rencontres suivantes du groupe, prévues contre l’Angleterre, puis contre la Croatie, toutes deux programmées à Philadelphie.

Cette situation inédite illustre les tensions qui peuvent surgir entre les impératifs sportifs et les procédures judiciaires internationales. Le Ghana, qui effectuait des démarches diplomatiques jusqu’à la dernière minute, devra désormais composer sans l’un de ses cadres pour son entrée en lice dans la compétition.