Ouverture sous haute tension
Le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 sera donné ce jeudi au stade Azteca de Mexico, où le Mexique affrontera l’Afrique du Sud. Si la compétition s’annonce comme la plus vaste jamais organisée, avec 48 équipes, 104 rencontres et trois pays hôtes (États-Unis, Canada, Mexique), elle est d’ores et déjà plongée dans la controverse.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, avait promis « le Mondial le plus grand, le plus inclusif ». Pourtant, les décisions de l’administration Trump en matière d’immigration contredisent cet engagement.
Visas refusés : l’exemple du Somalien Omar Artan
La polémique la plus vive concerne l’arbitre somalien Omar Artan. Récompensé pour son parcours, il s’est vu refuser l’entrée sur le territoire américain, ce qui a contraint la FIFA à le retirer de la liste des officiels. Son retour en Somalie a donné lieu à un accueil triomphal de la part de ses compatriotes. Cette affaire a suscité une vague d’indignation internationale et jeté une lumière crue sur les restrictions imposées par Washington.
L’équipe d’Iran, elle aussi, a rencontré des difficultés administratives. Déjà sous le coup des tensions militaires entre les États-Unis, Israël et Téhéran, les joueurs iraniens ont dû déplacer leur camp d’entraînement de Tucson, en Arizona, vers Tijuana, au Mexique. Ils ont également fait état de tracasseries liées aux visas et d’annulations de billets. Sur leurs maillots, les joueurs arboraient des pins à la mémoire des victimes d’une frappe de missile sur une école élémentaire, survenue au début du conflit.
Un « prix de l’amitié » controversé et des cadeaux somptueux
Donald Trump s’est affiché comme un soutien de la compétition, recevant à plusieurs reprises Gianni Infantino à la Maison-Blanche. En retour, le dirigeant du football mondial a décerné au président américain le tout premier « Prix de la paix de la FIFA », après que ce dernier n’a pas obtenu le prix Nobel. Un trophée de la Coupe du monde des clubs en or, réalisé par Tiffany, trône depuis dans le bureau ovale, offert à l’issue de l’édition précédente organisée aux États-Unis.
Des prix de billets jugés inabordables
La politique tarifaire de la FIFA suscite également la colère. Mise en vente générale en janvier, la fourchette allait de 140 à 8 680 dollars. Si certains billets ont ensuite été proposés à des tarifs réduits, d’autres ont augmenté de manière significative. De nombreux supporters dénoncent une « trahison » et une barrière financière qui exclut une grande partie du public.
Contexte social tendu au Mexique
Au Mexique, la fête risque d’être gâchée par des tensions sociales. Des enseignants en grève ont bloqué l’accès à la place principale de Mexico, où devaient se tenir les célébrations populaires à la veille du match d’ouverture. Cette mobilisation reflète un mécontentement plus large dans le pays.
Menace de boycott et instabilité régionale
Six mois plus tôt, un responsable de la fédération allemande de football avait évoqué la possibilité d’un boycott du Mondial en raison des actions de Donald Trump, notamment ses menaces de prendre le contrôle du Groenland. Depuis, les frappes américaines et israéliennes en Iran ont fait flamber les prix du pétrole et déstabilisé le Moyen-Orient, jetant une ombre supplémentaire sur la compétition.
Un Mondial sous le signe du paradoxe
Alors que la fête du football s’apprête à débuter, les contradictions sont béantes. La promesse d’inclusion se heurte à des murs administratifs et politiques, et la ferveur populaire est confrontée à des réalités économiques et sociales. Les regards du monde entier seront tournés vers les stades, mais aussi vers les coulisses d’un événement dont l’organisation est déjà marquée par la polémique.