La Coupe du monde de football 2026, qui se déroulera aux États-Unis, est la cible de nombreuses critiques avant même son ouverture. Plusieurs aspects du tournoi suscitent l'inquiétude et la colère, allant de considérations politiques et diplomatiques à des questions pratiques et financières.

Une neutralité politique en question

L'attitude du président de la FIFA, Gianni Infantino, est particulièrement scrutée. Ses relations étroites avec le président américain Donald Trump ont été jugées contraires aux statuts de la fédération, qui prônent une neutralité politique. Infantino est apparu à plusieurs reprises aux côtés de Trump, notamment coiffé d'une casquette de baseball rouge à l'effigie des États-Unis lors d'une réunion du « Board of Peace », et lui a remis un « Prix FIFA de la paix » récemment créé, lors du tirage au sort de la Coupe du monde. Cette proximité crée l'impression d'un mélange délibéré entre le sport international et les intérêts d'un État, une première dans l'histoire de la compétition.

Par ailleurs, la situation géopolitique est inédite : jamais un pays hôte n'avait été engagé dans un conflit militaire avec l'une des équipes participantes. Les États-Unis sont en guerre avec l'Iran, qui fait partie des nations qualifiées pour le tournoi.

Des restrictions d'accès dénoncées

Les modalités d'entrée sur le territoire américain suscitent une vive polémique. Des supporters de plusieurs pays qualifiés se heurtent à des obstacles majeurs, voire à une interdiction pure et simple. Pour l'Iran et Haïti, une interdiction totale d'entrée est appliquée aux spectateurs : seuls les équipes et leur encadrement sont autorisés à pénétrer sur le sol américain.

De même, les fans du Sénégal et de la Côte d'Ivoire rencontrent des difficultés quasi insurmontables. La délivrance de visas touristiques pour les ressortissants de ces pays a été largement suspendue, en partie en raison d'antécédents de dépassement de la durée de séjour autorisée par certains voyageurs. Les autorités américaines avaient même instauré, à un moment donné, une caution de sécurité pouvant atteindre 15 000 dollars (environ 12 874 euros) pour les visiteurs de certains États, somme qui devait leur être remboursée après leur départ. Cette mesure a été levée pour de nombreux détenteurs de billets peu avant le début du tournoi.

L'incertitude plane également sur d'éventuelles opérations des agents de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) aux abords des stades. Le gouvernement américain n'a pas exclu la possibilité de contrôles ou d'arrestations à proximité des enceintes sportives, ce qui alimente un sentiment de malaise parmi les supporters.

Des prix de billets jugés excessifs

La politique tarifaire de la FIFA est un autre motif de contestation. Les prix des billets ont été jugés exceptionnellement élevés dès le début de la vente. De nombreux sièges étaient proposés à plusieurs milliers de dollars, et les places premium pour la finale ont initialement atteint environ 11 000 dollars.

La fédération a recours à une « tarification dynamique », où les prix fluctuent fortement en fonction de la demande. Ainsi, des supporters peuvent payer des montants différents pour des places identiques, y compris au cours d'une même phase de vente. À cela s'ajoutent des signalements de fans ayant reçu des billets pour des sièges de qualité inférieure à celle qu'ils avaient sélectionnée.

Des organisations de supporters et des associations de défense des consommateurs accusent la FIFA de pratiquer des prix abusifs, de manquer de transparence et d'adopter des pratiques de vente déloyales. Une plainte formelle a été déposée auprès de l'Union européenne. Par ailleurs, les procureurs généraux des États américains du New Jersey et de New York ont ouvert des enquêtes sur la billetterie de la FIFA.

Impact environnemental

Enfin, l'empreinte écologique du Mondial 2026 est pointée du doigt. Le passage de 32 à 48 équipes, décidé par la FIFA, implique un nombre de matchs accru et des déplacements plus importants. La tenue de la compétition sur un territoire aussi vaste que les États-Unis, avec des matchs répartis dans plusieurs villes, entraîne une multiplication des vols et des trajets, ce qui aggrave l'impact carbone de l'événement. Des critiques s'élèvent pour dénoncer un tournoi « climacide », bien que la FIFA ait mis en avant des initiatives de compensation.