Le Crédit Agricole a dévoilé ce mercredi 10 juin 2026 une stratégie ambitieuse dans le domaine de l'intelligence artificielle (IA), avec un plan d'investissement de 500 millions d'euros sur trois ans. Ce programme vise à doter le groupe d'une approche industrielle pour le déploiement de l'IA, selon les déclarations d'Olivier Biton, directeur de la transformation technologique du Crédit Agricole.
Une entreprise dédiée à l'IA
Dans le cadre de ce plan, le groupe a annoncé la création d'une entité baptisée « IA Groupe ». Cette filiale sera dotée d'un capital de 150 millions d'euros, destinés à financer les fondations technologiques et humaines nécessaires au déploiement de l'IA au sein de la banque-assurance. « Nous ne créons pas un GIE, nous créons une entreprise dotée en capital qui sera capable de prendre certains risques technologiques, d'investir de manière proactive en soutien des métiers du groupe », a précisé Olivier Biton.
Une partie de l'enveloppe globale sera également consacrée aux infrastructures cloud et à la puissance de calcul nécessaire au fonctionnement des applications d'IA, ainsi qu'à l'intégration de ces technologies dans les processus métiers.
Déploiement opérationnel et cas d'usage
Le Crédit Agricole indique que des « centaines d'agents IA sont en production », sans donner davantage de détails sur les applications spécifiques. Olivier Biton a toutefois évoqué une « capacité d'agent IA en front client qui va permettre de faire de l'accompagnement », puis progressivement « du conseil directement en relation avec le client ». Il a insisté sur le fait que le déploiement de l'IA se fait au sein des métiers et non de manière centralisée. « On ne centralise pas l'IA. Le déploiement se fait dans les métiers et on ne cherche pas à traiter un processus en particulier », a-t-il ajouté.
Partenariats technologiques et entrée dans « le cercle Glasswing »
Le groupe a confirmé travailler avec plusieurs partenaires, dont la start-up française Mistral AI et la société américaine Anthropic. Interrogé sur la collaboration avec Anthropic, Olivier Biton a révélé que le Crédit Agricole travaille avec cette entreprise « notamment sur les questions cyber » et qu'il est « en train de rentrer dans le cercle Glasswing ». Ce programme, lancé par Anthropic, vise à renforcer la cybersécurité via l'IA et a déjà permis d'identifier plus de 10 000 failles de sécurité critiques à l'échelle mondiale.
Ambitions affichées et impact sur l'emploi
Si le groupe affiche des ambitions élevées, il promet de ne pas réduire les embauches à ce stade. Cependant, il reconnaît que certains métiers pourraient disparaître à terme. Le Crédit Agricole mise sur une transformation progressive, s'appuyant à la fois sur des acteurs européens et américains pour construire ses futurs services. Cette annonce marque un tournant stratégique pour le groupe, qui avait déjà structuré une démarche d'industrialisation de l'IA dès 2024 avec 36 cas d'usage priorisés dans six domaines métiers.