Le crash d'un avion civil survenu dimanche 28 juin aux alentours de 11 heures à Tomblaine, dans la banlieue de Nancy, continue de susciter une vive émotion. Les onze occupants de l'appareil, un Pilatus PC-6 B2-H4, ont tous perdu la vie. Alors que l'enquête débute, les premiers témoignages et les caractéristiques techniques du monomoteur apportent un éclairage sur la tragédie.

Un témoin décrit des scènes terrifiantes

Un habitant du secteur, qui a assisté à la chute de l'avion, a rapporté avoir vu « deux personnes éjectées de l'appareil » avant l'impact. Ce récit, livré peu après le drame, illustre la violence de l'accident. L'avion, qui avait décollé de l'aérodrome de Nancy-Essey, transportait un groupe de personnes participant à un baptême de parachutisme. Aucune victime au sol n'est à déplorer, mais des proches des passagers, profondément choqués, ont été pris en charge par les secours.

Un appareil réputé mais sans enregistreur de vol

Le Pilatus PC-6 B2-H4 est un avion utilitaire à décollage et atterrissage courts, fabriqué par le constructeur suisse Pilatus Aircraft. Ce modèle, longtemps associé à la compagnie Air Alpes, a été largement utilisé pour le transport de skieurs et les vols commerciaux à destination des altiports, notamment celui de Courchevel. Plus récemment, il est surtout employé pour le largage de parachutistes, pouvant embarquer jusqu'à dix d'entre eux. Un ancien pilote de chasse et pilote professionnel de tourisme, Frédéric Dulin, a souligné qu'il s'agit d'« un avion qui a largement fait ses preuves ». Toutefois, les investigations s'annoncent complexes : comme l'a indiqué un spécialiste du secteur aérien, François Nénin, « il n'y a pas de boîte noire à bord, donc l'enquête va être plus compliquée ».

Les réactions des élus locaux

Le maire de Nancy a exprimé sa « stupeur » et son « immense émotion » face à ce drame. Il a précisé qu'aucune personne au sol n'a été blessée. Le maire de Tomblaine, Hervé Féron, a quant à lui déclaré : « Il est beaucoup trop tôt pour essayer de tirer des explications », appelant à la prudence avant que les enquêteurs ne puissent déterminer les causes exactes du crash. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, est attendu sur place dans l'après-midi. D'importants moyens de secours ont été déployés et un périmètre de sécurité a été installé autour de la zone de l'accident.

Une enquête qui s'annonce longue

Les circonstances précises de la chute de l'appareil, qui s'est produit en zone habitée sans faire de victimes collatérales, restent à établir. L'absence d'enregistreur de vol constitue un obstacle supplémentaire pour les experts chargés de l'enquête. Les autorités locales et nationales suivent la situation de près, tandis que la communauté du parachutisme et les proches des victimes sont sous le choc.