Un roi en herbe chez les comédiens
Sorti en salles le 24 juin, « Les Caprices de l’enfant roi » propose un divertissement historique librement inspiré d’un épisode de la jeunesse de Louis XIV. Le long-métrage de Michel Leclerc imagine l’exfiltration du futur souverain, alors adolescent, loin du château de Versailles en pleine Fronde, pour le placer sous la tutelle de Cyrano de Bergerac, incarné par Artus. Le roi est ainsi immergé dans la troupe de théâtre de Madeleine Béjart et Molière, où il découvre « la vie et ses plaisirs, l’art et le travail », avant de devenir le monarque absolu que l’histoire retient.
Le récit, présenté en avant-première au Cinéma de la plage lors du dernier Festival de Cannes, assume une liberté revendiquée avec les faits historiques. Michel Leclerc déclare « jouer avec le souvenir que l’on a de ces figures et des situations qu’ils ont traversées », privilégiant l’élan comique et l’invention burlesque à l’exactitude documentaire. Cette comédie « enlevée », pour reprendre le mot du réalisateur, renoue avec un genre populaire illustré par Jean-Paul Rappeneau ou Gérard Oury.
Un casting costumé
Au générique, on croise Artus dans la peau du célèbre bretteur et écrivain Cyrano. Niels Schneider incarne le jeune Louis XIV, tandis que Franck Dubosc prête ses traits au mousquetaire D’Artagnan. La distribution réunit également Julia Piaton (Madeleine Béjart), Nemo Schiffman (Molière) et Suzanne de Baecque dans le rôle de La Grande Demoiselle. Anne d’Autriche est interprétée par Julie Depardieu. Leurs échanges à la fois respectueux et familiers brouillent délibérément les codes contemporains avec la langue du XVIIᵉ siècle, ce qui nourrit un comique de décalage salué par les critiques.
Un film pétri de références et de panache
La presse unanime souligne la réussite de cette « comédie historique riche de panache ». La reconstitution des décors et des costumes est soignée, mais c’est le rythme soutenu et les dialogues ciselés qui retiennent surtout l’attention. Sous ses airs de fresque légère, le long-métrage aborde en filigrane la question de l’éducation d’un prince et de la fabrique d’un souverain, entre nécessité de l’art et apprentissage de la stratégie. L’humour ne cache pas une certaine ambition politique : le jeune roi, en coulisses du monde du spectacle, apprend ce que signifie réellement gouverner.
L’accueil critique est favorable, saluant un film qui « ne prend pas la grosse tête » mais délivre un divertissement porté par une distribution en verve. Les dialogues modernes et l’anachronisme assumé ajoutent à la saveur de l’ensemble, même si quelques voix regrettent un deuxième acte moins inspiré que le premier. L’ensemble reste une comédie historique « riche de panache », selon les termes d’une critique élogieuse.
Un casting au diapason
Artus impose sa silhouette et sa gouaille pour incarner un Cyrano loin de la légende. Nemo Schiffman campe un Molière malicieux, tandis que Franck Dubosc apporte une touche d’élégance à son D’Artagnan. Michel Leclerc, réalisateur des « Mariés de l’an 2 » évoqués, parle d’un « film enlevé » qui « joue avec le souvenir que l’on a » des personnages et des situations historiques. Il assume un parti pris de comédie pure, où la fantaisie prime sur le respect des dates.
Pour les amateurs de cinéma de cape et d’épée, la proposition est séduisante : elle renoue avec l’esprit des films de Philippe de Broca ou de Gérard Oury, tout en offrant un regard décalé sur un moment clé de l’histoire de France. Le résultat, présenté en séance spéciale au Festival de Cannes, semble avoir convaincu par son audace et sa légèreté.