Les forces de l'ordre ont porté un coup dur au piratage audiovisuel en mettant fin aux activités du réseau Noos+. Ce service proposait, contre un abonnement annuel modique de 50 à 100 euros, l'accès à des chaînes payantes telles que Canal+, beIN Sports et Ligue 1+. Selon les enquêteurs, près de 250 000 utilisateurs ont souscrit à cette offre illicite.

L'opération, menée le 2 juin par l'unité nationale cyber de la gendarmerie (UNCyber) sous l'autorité de la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, a abouti à l'arrestation de onze individus. Huit interpellations ont eu lieu sur le territoire français et trois en Belgique. Les perquisitions ont permis la saisie de 20 serveurs répartis en France et en Europe, qui hébergaient l'infrastructure du réseau.

Des bénéfices colossaux et un préjudice important

L'enquête, déclenchée à la suite d'une plainte déposée par Canal+ en 2024, a mis au jour l'ampleur des profits engrangés par les fraudeurs. En cinq années d'activité, Noos+ aurait généré un bénéfice net de plus de 12 millions d'euros. Lors des perquisitions, les enquêteurs ont saisi 750 000 euros en cryptomonnaies, 380 000 euros sur des comptes bancaires et plus de 100 000 euros en espèces. À cela s'ajoutent des biens de luxe – véhicules, maroquinerie et matériel informatique – estimés à 150 000 euros, portant le total des avoirs saisis à près de 1,4 million d'euros.

Des risques juridiques pour les abonnés

La disparition brutale de ce service a laissé des milliers d'abonnés sans accès aux contenus qu'ils payaient. Au-delà de la perte de leur abonnement, ces utilisateurs s'exposent à d'éventuelles poursuites. En droit français, le simple fait d'acquérir un service illégal de streaming peut être considéré comme un acte de complicité de contrefaçon. Les sanctions encourues sont lourdes : jusqu'à 375 000 euros d'amende et cinq ans d'emprisonnement pour recel de contrefaçon, et jusqu'à 500 000 euros d'amende pour des faits commis en bande organisée.

Une enquête ouverte sur la contrefaçon organisée

Les investigations se poursuivent pour identifier d'éventuels complices et confisquer les avoirs restants. Cette affaire illustre la détermination des autorités à lutter contre les réseaux de piratage de télévision, alors que des événements sportifs majeurs comme la Coupe du monde 2026 approchent. Les diffuseurs légitimes, tels que Canal+ et beIN Sports, subissent un manque à gagner considérable du fait de ces pratiques illicites.