La Première ministre danoise Mette Frederiksen a annoncé lundi 2 juin avoir constitué une coalition gouvernementale de centre-gauche, mettant fin à des mois de blocage politique. Elle entame ainsi un troisième mandat à la tête du pays, après une élection législative qui avait débouché sur un Parlement sans majorité nette.

« Un gouvernement a pu être formé, après de longues négociations », a déclaré la dirigeante de 48 ans aux journalistes, à l'issue d'un entretien avec le roi Frederik X. Dans un communiqué officiel, le palais royal a précisé que la coalition réunirait les Sociaux-démocrates de Mme Frederiksen, la Gauche verte, les Sociaux-libéraux et les Modérés. Le souverain a ensuite officiellement invité la Première ministre à former ce nouveau gouvernement.

Un scrutin compliqué et un affaiblissement historique

Le scrutin du 24 mars avait vu la victoire du bloc de gauche, mais sans lui offrir la majorité absolue des 179 sièges du Folketing, le Parlement danois. Douze formations politiques y sont désormais représentées. Les Sociaux-démocrates ont obtenu leur plus faible score depuis 1903, avec 38 sièges, tout en restant le premier parti du pays.

La nouvelle coalition ne réunit que 82 députés, soit huit de moins que la majorité absolue. Toutefois, les gouvernements minoritaires sont fréquents au Danemark et peuvent gouverner grâce au soutien ponctuel d'autres formations. Selon des informations de médias danois, une alliance distincte de partis de gauche et écologistes pourrait également apporter son appui à l'exécutif.

Un programme axé sur l'élevage porcin et la détermination affichée

Mme Frederiksen doit présenter son programme politique mardi et dévoiler la composition de son gouvernement mercredi. Elle s'est voulue confiante sur la capacité de sa nouvelle équipe à agir. « Je pense que tout le monde sera surpris de voir à quel point nous sommes déterminés », a-t-elle affirmé. Elle a ajouté que le programme était « bon pour les personnes qui vivent aujourd'hui au Danemark, pour les générations futures et aussi pour les animaux ». Cette dernière allusion renvoie à la question de l'élevage porcin, qui a fortement marqué la campagne électorale.

Une poussée de l'extrême droite

Le scrutin de mars a également été marqué par le renforcement de la droite radicale. Le Parti du peuple danois, formation historique d'extrême droite, a plus que triplé son score par rapport au précédent scrutin, atteignant 9 % des suffrages. Cette progression illustre, selon plusieurs observateurs, la montée en puissance des forces nationalistes en Europe et dans le monde.

La question du Groenland en toile de fond

Mme Frederiksen, qui a dirigé le Danemark pendant la pandémie de Covid-19 puis la guerre en Ukraine, a acquis une notoriété internationale en s'opposant fermement au président américain Donald Trump lorsque celui-ci avait menacé de s'emparer du Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark. Bien que ce dossier n'ait pas été au cœur des négociations de coalition, il a contribué à renforcer la stature de la Première ministre sur la scène diplomatique.

Le nouveau gouvernement devra désormais composer avec un Parlement fragmenté et une opinion publique marquée par les tensions autour de l'immigration, du climat et de l'agriculture.