Au terme de pourparlers qui ont duré plus longtemps qu'aucune autre négociation de coalition dans l'histoire du Danemark, la cheffe du parti social-démocrate, Mette Frederiksen, a annoncé ce lundi être parvenue à un accord pour former un gouvernement de centre-gauche. Cela lui permet d'accéder à un troisième mandat consécutif à la tête du pays.
Un scrutin sans majorité claire
Le scrutin du 24 mars a profondément remodelé le paysage politique danois. Douze formations politiques se sont partagé les 179 sièges du Parlement (Folketing). La coalition centriste dirigée par Mme Frederiksen a perdu sa majorité, les électeurs ayant exprimé leur mécontentement face à la crise du coût de la vie. Cependant, le Parti social-démocrate est resté la première force du pays, avec 38 députés, contre 50 lors de la précédente législature. Ce résultat, bien qu'en recul, a permis à sa dirigeante de conserver la main dans les négociations.
Des négociations record et un équilibre fragile
Pendant plus de deux mois, les sociaux-démocrates et le parti libéral de droite ont chacun tenté de prendre la tête d'une nouvelle coalition. C'est finalement Mette Frederiksen, âgée de 48 ans, qui a réussi à réunir les soutiens nécessaires au Parlement pour former un cabinet minoritaire. "Je me suis rendu chez Sa Majesté le Roi et j'ai annoncé qu'un gouvernement pouvait être formé après de longues négociations", a déclaré la Première ministre aux journalistes.
Un programme centré sur l'avenir et le bien-être animal
La future plateforme gouvernementale se veut tournée vers les générations futures. "C'est une plateforme gouvernementale pour les gens qui sont au Danemark, pour les générations à venir et aussi pour les animaux", a précisé Mme Frederiksen. La question du bien-être animal a constitué l'un des thèmes majeurs de la campagne électorale.
Des relations tendues avec Washington
Ces négociations de longues semaines se sont déroulées dans un climat international particulièrement tendu. Les relations entre le Danemark et les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, sont au plus bas en raison du contentieux autour du Groenland. Ce territoire autonome du royaume danois est convoité par Washington, ce qui a créé une pression supplémentaire sur le gouvernement danois pour trouver une majorité stable et parler d'une seule voix sur la scène diplomatique.