Le vice-Premier ministre britannique, David Lammy, a indiqué avoir directement contesté les propos du vice-président des États-Unis, J.D. Vance, concernant l’assassinat de l’étudiant Henry Nowak. Lors d’un entretien téléphonique samedi, M. Lammy a signifié à M. Vance qu’il avait « tort », a-t-il révélé dimanche.
L’affaire remonte à décembre dernier, lorsque Vickrum Digwa, un citoyen britannique né au Royaume-Uni, a poignardé mortellement Henry Nowak, âgé de 18 ans, à Southampton. Digwa avait invoqué un prétexte fallacieux d’agression raciste et affirmé agir en légitime défense, avant d’être condamné à la réclusion à perpétuité. Des images de caméra-piéton ont montré des policiers menottant la victime alors qu’elle agonisait, ce qui a suscité une vive émotion et des manifestations violentes dans la ville.
Vendredi, J.D. Vance avait publié sur le réseau social X un message attribuant la mort du jeune homme à la « politique de la haine de soi et à l’invasion massive de migrants », estimant que Henry Nowak serait encore en vie si les « élites européennes avaient tenu bon ». Il décrivait le drame comme « aussi tragique qu’il est révoltant ».
Interrogé dimanche sur cette prise de position, David Lammy a expliqué avoir rappelé au vice-président américain que l’auteur du crime était britannique et que l’affaire « n’a rien à voir avec l’immigration de masse ». Il a précisé avoir souligné que le processus démocratique britannique fonctionnait correctement, avec une condamnation déjà prononcée et des enquêtes en cours menées par l’autorité indépendante de contrôle de la police et l’inspection générale.
« Je lui ai dit qu’il avait tort », a déclaré M. Lammy. Il a ajouté que la conversation avait été « cordiale » et qu’il avait rappelé à son interlocuteur l’appel au calme lancé par la famille de la victime. Le père d’Henry, Mark Nowak, avait en effet demandé que la mort de son fils « ne serve pas à créer davantage de divisions, de haine ou de tensions ».
David Lammy et J.D. Vance entretiennent une relation personnelle inhabituelle, forgée lorsque le premier était député d’opposition et le second venait d’être élu au Sénat américain. L’été dernier, le vice-président et sa famille avaient séjourné chez M. Lammy dans sa résidence officielle de Chevening, dans le Kent. Toutefois, les relations bilatérales ont connu des tensions récentes, notamment sur la question du conflit au Moyen-Orient après que le gouvernement britannique a refusé de se joindre aux opérations militaires américaines.
La mise au point de David Lammy intervient alors que le gouvernement de Keir Starmer avait déjà critiqué les déclarations du vice-président américain, accusant Washington de chercher à interférer dans la vie démocratique britannique. M. Lammy a confirmé que la relation professionnelle et amicale entre les deux hommes restait intacte : « Nous restons collègues et amis, nous pouvons faire cela, et il a des opinions bien arrêtées. »