Un changement de décor radical pour les supporters écossais
Moins d’une semaine après avoir transformé Boston en une annexe de l’Écosse, la Tartan Army a pris ses quartiers à Miami pour le dernier match de poule de la Coupe du monde 2026, qui opposera l’Écosse au Brésil ce mercredi. Le contraste entre les deux villes américaines est saisissant pour les voyageurs, qui passent d’une ambiance intimiste et bon enfant à un bouillonnement latino où les maillots jaune et vert abondent.
À Boston, les supporters écossais dominaient largement les bars et les lieux emblématiques, créant une atmosphère de « mini-Écosse ». Les rues étaient noires de kilts, et les policiers locaux fermaient complaisamment les yeux sur les habitudes festives de la délégation britannique, y compris le fait de poser des cônes de chantier sur les statues. À Miami, le tableau est tout autre : la ville est immense, la communauté hispanique très présente, et les supporters du Brésil et d’Argentine partagent l’espace publique. Le thermomètre flirtant avec les 35 degrés Celsius (et un indice de chaleur ressenti de 43 degrés) ajoute une épreuve physique à l’aventure.
Des réactions contrastées des forces de l’ordre
Les différences ne se limitent pas au climat ou à la démographie. L’approche des forces de l’ordre a également surpris les Écossais. À Boston, la police tolérait la consommation d’alcool dans la rue et n’intervenait pas contre les farces des supporters. À Miami, un incident filmé et diffusé ces derniers jours a montré un agent de police ordonner à un homme de retirer un cône qu’il avait placé sur une statue, avec la remarque : « Tu n’es plus à Boston ici ». Ce contraste illustre la différence de tolérance entre les deux métropoles. Un supporter écossais, Steven Baird, a résumé le sentiment général : « À Boston, c’était plus insouciant. La police était contente de nous voir. »
Malgré ces ajustements, la Tartan Army n’a pas perdu son sens de la fête. Plusieurs milliers de ses membres se sont rassemblés dans le quartier de Little Havana, au sud de la ville, avant de défiler jusqu’au stade des Marlins de Miami. Les riverains américains, loin de se tenir à l’écart, ont marché aux côtés des Écossais et les ont acclamés depuis leurs jardins. Un habitant, coiffé d’un cône de signalisation, a confié être « complètement déçu » que son kilt ne soit pas arrivé à temps pour la parade.
Paroles de supporters : entre fierté et prolongation
Les frères Peter et Tom McKenna, originaires de l’île de Man, ont suivi le périple de Boston à Miami. Peter a décrit la différence : « Boston est une ville bien plus petite. L’Écosse y faisait la fête en grand. Ici, tout le monde est habitué aux touristes, les locaux ne sont pas surpris. » Alors que Peter doit rentrer chez lui auprès de ses enfants quel que soit le résultat du match, Tom envisage de « prolonger l’aventure » en allongeant son séjour.
Pour le père et le fils Pete et Jamie Brown, arrivés directement à Miami, le voyage commence à peine. Pete, qui avait déjà visité la ville pour le Super Bowl, a déclaré : « C’était toujours Miami pour nous. Quand j’ai vu que l’Écosse jouait ici, j’ai su qu’il fallait que j’emmène mon fils. C’est l’affiche de rêve, non ? » Son fils Jamie a nuancé : « Boston, ç’aurait été un voyage centré sur le foot. Ici, on a plutôt l’impression d’être en vacances avec un match au programme. »
Un autre voyageur, Dave Robertson, originaire de Montrose, anticipe une expérience inédite : « Je pense que nous serons minoritaires cette fois. Les supporters brésiliens se déguisent d’une façon incroyable ; ils amènent la fête à un autre niveau. Mais quand nous serons tous réunis, l’ambiance sera exceptionnelle. » Ses craintes ont été en partie dissipées par l’accueil chaleureux des habitants lors de la parade dans Little Havana, où un automobiliste américain portant un chapeau en cône a exprimé ses regrets de ne pas avoir de kilt.
Un avant-goût du choc contre le Brésil
Le match de mercredi face au Brésil s’annonce comme le point culminant de ce voyage. Les supporters écossais, qui ont déjà démontré leur capacité à s’adapter, espèrent que l’équipe nationale saura répondre présent sur le terrain. En attendant, la Tartan Army continue de faire parler d’elle par sa bonne humeur et sa résilience face à un environnement radicalement différent de celui de Boston. Les prochains jours diront si cette nouvelle escale restera aussi mémorable que la précédente.