Des milliers de personnes ont défilé dimanche dans les rues de Prague pour exprimer leur opposition à la réforme du financement des médias publics adoptée par le gouvernement du Premier ministre Andrej Babis la semaine précédente. Les manifestants, rassemblés devant le siège de la télévision publique tchèque, ont dénoncé ce qu'ils considèrent comme une manœuvre visant à placer les médias sous tutelle politique.

Le rassemblement était organisé par le mouvement Million Moments for Democracy. Mikulas Minar, l'un des principaux organisateurs, a pris la parole devant les manifestants. « Les médias n'appartiennent pas aux politiques, ils nous appartiennent à tous et nous ne permettrons pas qu'ils nous soient volés », a-t-il déclaré.

Les participants arboraient des banderoles appelant à « lâcher les médias publics ». En raison de la vague de chaleur qui touche actuellement l'Europe, la durée de la manifestation a été écourtée.

Une réforme contestée

Le gouvernement de coalition dirigé par Andrej Babis, qui associe son parti ANO à des formations de droite et d'extrême droite, a approuvé un changement fondamental du mode de financement des médias publics. À compter de l'année prochaine, la radio et la télévision publiques seraient financées par le budget de l'État et non plus par la redevance audiovisuelle. Ce nouveau système entraînerait une réduction de 15 % des ressources allouées aux diffuseurs, sans aucune garantie de maintien de ce financement à l'avenir.

Les opposants à ce projet accusent le Premier ministre de vouloir museler les médias publics, à l'instar de ce qui s'est produit en Slovaquie sous Robert Fico et en Hongrie sous Viktor Orban. La comparaison avec ces deux pays d'Europe centrale, où les gouvernements populistes ont pris le contrôle des médias publics, est régulièrement évoquée par les détracteurs de la réforme.

Le cortège s'est achevé devant le siège de la télévision publique à Prague, symbole de la résistance à ce que les manifestants perçoivent comme une atteinte à l'indépendance des médias.