Les Colombiens se sont rendus aux urnes dimanche pour le second tour de l'élection présidentielle, et les premières tendances donnent une avance significative au candidat d'extrême droite Abelardo de la Espriella. D'après les chiffres publiés par le bureau du registre national, avec près de 90 % des bureaux de vote dépouillés, l'homme d'affaires de 47 ans recueille 50,5 % des suffrages, devançant le sénateur de gauche Ivan Cepeda, crédité de 48,25 %. L'écart entre les deux hommes s'élève à environ 427 000 voix.
Deux visions antagonistes de la sécurité
Ce scrutin oppose deux conceptions radicalement opposées de la gouvernance. Abelardo de la Espriella, qui se fait appeler « Le Tigre », s'est construit une image de pourfendeur de la criminalité. Durant la campagne, il a promis une guerre sans merci contre les cartels de la drogue et les groupes de guérilla. Son style et ses propositions rappellent ceux du président salvadorien Nayib Bukele, connu pour sa politique de sécurité répressive. Le candidat conservateur s'est également montré favorable au président américain Donald Trump, qui lui a apporté son soutien.
En votant à Barranquilla, Abelardo de la Espriella a déclaré que « c'est le scrutin le plus important de l'histoire de la Colombie ». De son côté, Ivan Cepeda, âgé de 63 ans, s'est présenté comme le champion des progressistes et des plus démunis. Soutenu par le président sortant Gustavo Petro, il promet d'élargir les réformes sociales. « Quand nous gagnerons, nous allons gouverner pour tout le pays et pas seulement pour un secteur », a-t-il affirmé devant la presse, sous les acclamations de ses partisans scandant « Le peuple est avec toi ! ».
Un vote sous tension
Ce second tour intervient dans un climat marqué par les préoccupations sécuritaires. Les élections avaient été précédées par des inquiétudes liées à l'héritage paramilitaire du pays, qui a pesé sur la campagne. La radicalité des programmes a rendu le duel particulièrement polarisé, chaque camp mobilisant ses électeurs autour de promesses diamétralement opposées : répression sans concession d'un côté, continuité des réformes sociales de l'autre.
Prochains résultats
Alors que le dépouillement se poursuit, l'avance d'Abelardo de la Espriella semble solide mais non irréversible, Ivan Cepeda conservant l'espoir de réduire l'écart avec les bulletins restants. Les autorités électorales n'ont pas encore proclamé de vainqueur définitif.