Des images captées par drone dans les jours ayant suivi les deux séismes qui ont frappé la côte vénézuélienne ont permis de mesurer l'étendue des dégâts, particulièrement dans la ville portuaire de La Guaira, située au nord de Caracas. Les clichés aériens montrent des immeubles de plusieurs étages effondrés, transformés en un amas de béton et de métal.
Le quartier d’OPPE 26, un ensemble de logements sociaux construit sous le gouvernement d’Hugo Chávez, a été l’un des plus durement touchés. De nombreux habitants y avaient été relogés après avoir perdu leur domicile lors des glissements de terrain meurtriers de 1999. Aujourd’hui, ce complexe densément peuplé n’est plus qu’un champ de ruines. Un sauveteur bénévole présent sur place a décrit le paysage comme une succession de montagnes de débris.
Selon les autorités locales, les deux secousses, d’une magnitude de 7,2 et 7,5, ont fait au moins 1 430 morts et plus de 3 200 blessés. Plus de 50 000 personnes sont toujours portées disparues, tandis que les équipes de secours continuent de fouiller les décombres à la recherche de survivants. Sur le terrain, des habitants ont toutefois confié que le nombre exact de victimes restait impossible à déterminer, tant la destruction est totale.
L’histoire d’Oswaldo Tovar, 45 ans, illustre le drame humain qui se joue. À l’aide d’un simple marteau, il est parvenu à creuser un trou assez grand pour retrouver les corps de sa femme, Ivonne Ladera, 46 ans, et de leur fille de 8 ans, mais n’a pas pu les dégager. Il est resté auprès d’eux, attendant des secours qui tardaient à venir.
Les moyens lourds font cruellement défaut. Les résidents et quelques bénévoles utilisent des outils ordinaires – marteaux, pioches, barres à mine – pour tenter d’extraire les personnes ensevelies. Les corps retirés des gravats sont déposés à même le sol, souvent recouverts de couvertures, tandis que des sacs mortuaires noirs ont été disposés en prévision de nouvelles découvertes. Le bruit des fouilles, permanent, rythme le sinistre paysage.
Alors que les opérations de recherche se poursuivent, la ville de La Guaira, épicentre apparent des dégâts, fait face à une crise humanitaire d’une ampleur encore difficile à évaluer. Les autorités peinent à coordonner l’aide et à déployer des engins de chantier, laissant les familles livrées à elles-mêmes dans l’attente de retrouver leurs proches.