Le gouvernement fédéral dirigé par Friedrich Merz a validé mercredi soir, à l’issue d’une réunion des partis de la coalition, la suppression de la retraite anticipée sans décote à 63 ans. Cette mesure figurait parmi les propositions émises la semaine précédente par un groupe d’experts mandaté par l’exécutif.
Connue sous l’appellation « retraite à 63 ans », cette disposition permettait aux assurés justifiant de 45 années de cotisations de cesser leur activité avant l’âge légal – actuellement fixé à 66 ans et 4 mois pour les personnes nées en 1960 – sans voir le montant de leur pension réduit. Selon les données de l’Assurance-retraite allemande, 28,7 % des nouveaux retraités de 2024 ont opté pour ce dispositif, qui était devenu un symbole de souplesse pour les carrières longues.
L’annonce a immédiatement provoqué une levée de boucliers parmi les syndicats, qui dénoncent une remise en cause d’un acquis social jugé essentiel. Les organisations représentatives des salariés promettent de s’opposer vigoureusement à ce qu’elles considèrent comme un durcissement des conditions de départ à la retraite.
Cette décision s’inscrit dans le cadre plus large d’une réforme du système de retraites allemand, dont les grandes orientations ont été tracées par la commission d’experts. La suppression de la retraite anticipée à 63 ans constitue la première mesure concrète adoptée par le gouvernement, qui doit encore trancher sur d’autres volets du projet. Le débat sur l’avenir du financement des retraites et l’équilibre entre solidarité intergénérationnelle et soutenabilité budgétaire traverse le débat politique allemand depuis plusieurs mois.