L’élimination de l’équipe de France en demi-finale de la Coupe du monde 2026 face à l’Espagne (2-0) a laissé des traces chez le sélectionneur Didier Deschamps. Dans la foulée de la rencontre disputée à l’AT&T Stadium d’Arlington, au Texas, le technicien tricolore, qui quittera ses fonctions à l’issue du tournoi, a vivement critiqué l’arbitrage.
« Je ne veux pas passer pour une pleureuse, mais je vous pose une question : est-ce que l’arbitre de ce soir avait le niveau pour officier une demi-finale de Coupe du monde ? Je vous laisse y répondre », a-t-il déclaré devant les journalistes. Sans nommer directement l’arbitre, il désignait Ivan Barton, arbitre international salvadorien, qui avait notamment accordé un penalty à l’Espagne en début de match après un contact entre Lucas Digne et Lamine Yamal. Deschamps a toutefois reconnu la supériorité espagnole : « L’Espagne est très forte, ils ont très bien lu notre jeu. On n’a pas trouvé les solutions. Si on n’a pas eu l’expression offensive qu’on avait eue jusqu’ici, c’est de notre faute. » Il a également souligné les « erreurs techniques » de ses joueurs, jugés « un ton en dessous ».
La FIFA monte au créneau
Dès le lendemain, la Fédération internationale de football (FIFA) a réagi par l’intermédiaire de son président de la commission des arbitres, l’Italien Pierluigi Collina. Interrogé sur les propos de Deschamps, Collina a été catégorique : « En réponse aux propos de Didier Deschamps, qui remettait en question la capacité de l’arbitre de notre match à officier lors de la demi-finale, la réponse de la FIFA est claire : oui, absolument. Nos arbitres sont de classe mondiale. » L’instance a également rappelé, par la voix de Collina, que « personne ne peut remettre en question l’intégrité des arbitres de la Coupe du monde de la FIFA ».
Un au revoir amer pour Deschamps
Pour Deschamps, cette élimination met un terme à quatorze ans à la tête des Bleus, marqués par un titre mondial en 2018, une finale en 2022 et une victoire en Ligue des nations en 2021. Il dirigera son dernier match samedi, lors de la rencontre pour la troisième place. « Il y a eu 2018, la finale en 2022, on a maintenu la sélection française à un niveau très haut. Ce n’est pas un moment de bonheur ce soir, mais il faut accepter la décision du match », a-t-il confié, ajoutant que les joueurs étaient « anéantis dans le vestiaire ».
Les choix tactiques en question
Au-delà de la polémique arbitrale, la performance des Bleus a suscité des interrogations. Après avoir impressionné pendant la phase de groupes et les huitièmes et quarts de finale – seize buts marqués en six matches –, l’équipe de France est apparue émoussée face à une Roja maîtresse du jeu. Plusieurs observateurs ont pointé le choix de Deschamps d’aligner un dispositif très offensif à quatre attaquants, abandonnant l’équilibre défensif qui faisait sa marque de fabrique.
Par ailleurs, la sortie précoce du milieu Adrien Rabiot à la mi-temps a été commentée. Deschamps s’en est expliqué : « À la pause fraîcheur, il me dit qu’il ne peut plus jouer son jeu. » Rabiot, averti dès la 9e minute, avait été contraint de lever le pied sous peine d’exclusion. Le sélectionneur a estimé que ce carton jaune précoce, sur une décision discutable de l’arbitre, avait perturbé son plan de jeu et justifiait en partie son agacement.