Le cinéaste Steven Spielberg renoue avec les récits d’extraterrestres avec « Disclosure Day », sorti en salles ce mercredi 10 juin 2026. Ce 37e long-métrage du réalisateur américain, coscénarisé avec David Koepp (scénariste de « Jurassic Park »), mêle aventure, thriller d’action et sous-texte politique autour de la question de la dissimulation d’une présence alien par les autorités.

Le film suit deux personnages principaux. Un lanceur d’alerte, interprété par le Britannique Josh O’Connor, tente de révéler au monde, au péril de sa vie, des preuves de l’existence extraterrestre jusqu’ici tenues secrètes par le gouvernement. Parallèlement, une présentatrice météo, jouée par Emily Blunt, développe des capacités étranges — parler plusieurs langues, lire dans les pensées, émettre des sons inintelligibles — après avoir aperçu un oiseau dans son appartement. Leur course contre la montre pour se faire entendre conduit à un « jour de la révélation » qui bouscule le système de croyances de l’humanité.

Une obsession de longue date

Spielberg, qui fêtera ses 80 ans en fin d’année, explore depuis un demi-siècle le thème des visites extraterrestres. Après « Rencontres du troisième type » (1977), « E. T., l’extraterrestre » (1982) et « La Guerre des mondes » (2005), il revient à ce sujet avec une approche qu’il juge plus crépusculaire. L’idée du film lui serait venue en 2017 à la lecture d’un article du New York Times évoquant les programmes occultes du Pentagone sur les objets volants non identifiés. Cette actualité résonne avec la publication en mai dernier de documents gouvernementaux américains sur les ovnis, renforçant le sentiment de complot que le réalisateur exploite dans son récit.

Plusieurs sources soulignent que le cinéaste s’interroge sur la manière dont l’humanité réagirait si elle apprenait qu’elle n’est pas seule dans l’univers. Sa mise en scène, caractérisée par ce que certains appellent la « Spielberg Face » — un zoom avant sur le regard émerveillé ou effrayé d’un personnage avant de montrer l’objet de son émotion —, est de nouveau employée pour traduire la stupeur face à l’inconnu.

Un accueil partagé mais une ambition saluée

Les premières critiques, parues le jour de la sortie, sont contrastées. Certains voient dans « Disclosure Day » un blockbuster bouleversant, porté par la musique de John Williams et un casting solide incluant également Eve Hewson, Colin Firth et Colman Domingo. D’autres regrettent un récit trop bavard, prévisible, et des scènes d’action certes bien exécutées mais parfois peu crédibles. L’ensemble décrit néanmoins un film qui interroge le pouvoir des médias et des entreprises privées, tout en réunissant les thèmes chers à Spielberg : la famille, l’enfance et la force du collectif.

Une référence à l’une de ses premières œuvres, « Duel » (1971), est visible à travers un train percutant une voiture — clin d’œil à la filmographie du réalisateur. Plus largement, le film ancre son propos dans les angoisses contemporaines, certains commentateurs y voyant une influence du second mandat de Donald Trump et une réflexion sur les régimes autoritaires.

« Disclosure Day » est produit par Universal Pictures et Amblin Entertainment, la société fondée par Spielberg. Le long-métrage confirme, à quelques mois des 80 ans du cinéaste, sa fascination intacte pour « ce qui se passe dans le ciel la nuit », selon une expression qu’il aurait employée pour décrire son intérêt juvénile pour les phénomènes inexpliqués.