L'ancienne première dame, figure discrète mais influente de la vie politique française, est décédée dans la soirée. Sa fille a annoncé qu'elle s'était « éteinte paisiblement, entourée des siens », quelques jours après avoir fêté ses 93 ans le 18 mai dernier.
Le chef de l'État a réagi rapidement sur les réseaux sociaux, adressant un message empreint d'émotion. « Mon épouse et moi avons appris avec beaucoup de tristesse la disparition de Bernadette Chirac », a-t-il écrit, saluant « une grande dame de cœur » qui a « changé tant de vies avec discrétion et obstination ». Il a évoqué son rôle aux côtés de Jacques Chirac, son ancrage en Corrèze où elle fut élue locale, et son engagement pour les malades à travers la fondation qui porte le nom de Claude Pompidou.
Un hommage unanime de la classe politique
Les réactions n'ont pas tardé à travers tout le spectre politique, témoignant d'un respect qui dépasse les clivages. L'ancienne Première ministre Élisabeth Borne a exprimé sa « grande tristesse », soulignant que Bernadette Chirac s'était engagée « avec détermination au service des Français, notamment des plus fragiles » et que son action « a durablement marqué notre pays ».
La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a vu en elle « une figure qui a marqué la vie politique de notre pays pendant plus d'un demi-siècle », saluant à la fois l'épouse du président, l'élue corrézienne et « l'artisan discret mais déterminant » d'œuvres de solidarité.
Le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, a rendu hommage à « une femme d'exception » incarnant « le sens du devoir, l'amour de la France et la fidélité aux siens ». Éric Ciotti a pour sa part salué « une Première dame généreuse », se remémorant son rôle emblématique dans l'opération Pièces jaunes et à la tête de la fondation Claude Pompidou, dont l'activité à Nice a été rappelée.
De son côté, Jean-François Copé a décrit « une femme de caractère, de conviction et de terrain, qui connaissait profondément les Français, leurs préoccupations et leurs attentes », ajoutant qu'elle « fut bien davantage que l'épouse du président ».
Une figure au-delà des étiquettes
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a tenu à souligner une autre facette de sa personnalité. « Bernadette Chirac n'était pas seulement la 'femme de' ou la 'veuve de'. Elle sut se donner une place dans un siècle où les femmes étaient encore présentées comme la simple prolongation de leurs époux », a-t-il estimé, voyant en elle une participation « à sa façon » au combat féministe.
L'ampleur des hommages, de l'exécutif à l'opposition, en passant par les figures de la droite et de la gauche, témoigne de la place singulière qu'occupait Bernadette Chirac dans la mémoire collective. Sa disparition clôt un chapitre de la vie politique française, celui d'une femme qui, sans jamais chercher les projecteurs, a su laisser une empreinte durable par son action sociale et son attachement à la Corrèze.