Dix ans jour pour jour après le drame, la cité azuréenne a rendu un hommage sobre et solennel aux 86 personnes tuées le 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais. La cérémonie, qui s'est déroulée en fin d'après-midi sur la place Masséna, a été présidée par le chef de l'État, Emmanuel Macron, en présence de deux anciens présidents de la République, Nicolas Sarkozy et François Hollande, ainsi que du maire de Nice, Éric Ciotti. Plusieurs centaines de personnes, dont des proches des victimes venues de différents pays, assistaient à ce temps de mémoire.
Un programme rythmé par la musique et la poésie
L'hommage a débuté par la déclamation du poème « L'Isolement » d'Alphonse de Lamartine, interprété par Léa Amiot, une adolescente de 13 ans élève du Théâtre national de Nice. Ce texte, publié en 1820, évoque la douleur de la perte et contient le célèbre vers « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ». Puis le violoncelliste Gautier Capuçon a joué « Towards the Forest » de Bryce Dessner, avant d'interpréter après la minute de silence « Le chant des oiseaux » de Pablo Casals, un hymne à la paix. La Patrouille de France a survolé la ville en traçant dans le ciel les couleurs du drapeau français, un geste salué par le maire comme un « hommage solennel à celles et ceux que le terrorisme nous a arrachés ».
86 chaises vides et un rameau d'olivier
Sur la place Masséna, 86 chaises vides disposées en arc de cercle symbolisaient les disparus. Leurs noms ont été égrenés à la tribune, tandis que 43 enfants et 43 primo-intervenants déposaient tour à tour un rameau d'olivier sur chaque siège. Ce geste, empreint de pudeur, a provoqué une vive émotion parmi l'assistance. Au terme de la cérémonie, 86 faisceaux lumineux se sont élevés au-dessus de la mer Méditerranée, un symbole destiné à rappeler que le souvenir de chaque victime demeure.
Le discours du président : « Aucun d'entre nous n'a oublié »
Prenant la parole, Emmanuel Macron a rappelé la violence de l'attaque : « En un peu plus de quatre minutes, un camion lancé sur une foule de 30 000 personnes transforma cette fête en effroi. La promenade en champ de morts. » Il a rendu hommage aux 86 victimes, dont 15 enfants, et aux 450 blessés physiques. « Nous n'avons oublié aucun nom, aucun visage, aucune histoire », a-t-il assuré, s'adressant aux familles dont beaucoup résident à l'étranger : « La distance n'a jamais créé l'oubli. Les frontières n'ont pas séparé nos deuils. » Le président a également salué le travail des associations de victimes et des forces de l'ordre, évoquant « une France à l'unisson face à l'horreur ».
Une minute de silence a été observée, suivie par l'interprétation de la Marseillaise. Plus tard dans la soirée, un match de demi-finale de la Coupe du monde de football entre la France et l'Espagne a également respecté une minute de silence en mémoire des disparus.
Dix ans après, la plaie reste vive pour les Niçois et les proches des victimes. Mais la cérémonie a montré une volonté commune de ne pas oublier et de continuer à se recueillir, dans la dignité et l'unité.