Le président des États-Unis a haussé le ton face aux déboires qui émaillent la rénovation du bassin-réflecteur du Lincoln Memorial, à Washington. Vendredi 23 juin, Donald Trump a menacé de poursuites pénales et de peines d’emprisonnement les auteurs présumés d’actes de sabotage commis sur le chantier.

« Nous allons identifier, arrêter et emprisonner ceux qui ont osé saccager ce chantier », a-t-il lancé, sans étayer ses accusations. La Maison-Blanche n’a fourni aucun élément précis sur la nature desdits sabotages, ni sur l’éventuelle ouverture d’une enquête.

Les difficultés s’accumulent autour de ce bassin, long de 180 mètres, situé à quelques pas du mémorial dédié à Abraham Lincoln. Remis en eau le 5 juin, le projet était présenté par Donald Trump comme un lieu emblématique pour les célébrations du 250e anniversaire de l’indépendance américaine, en juillet 2026. Le président avait personnellement veillé à ce que l’eau soit teintée d’un bleu « drapeau américain », un choix qui a alimenté les critiques.

Des fuites et une couleur d’eau controversée

L’un des premiers incidents a été une fuite survenue peu après la remise en eau, obligeant les équipes à vidanger partiellement le bassin. La couleur bleue souhaitée par le chef de l’État n’a par ailleurs pas été obtenue : le rendu actuel, qui tire davantage vers le vert, suscite de nombreuses moqueries sur les réseaux sociaux. Des déclarations anonymes d’employés du National Park Service, rapportées par des médias, évoquent également des problèmes techniques sur le système de filtration.

La polémique a vite pris une ampleur politique. Le président, qui faisait de ce chantier l’un de ses projets-phares pour le 250e anniversaire de l’indépendance, se retrouve désormais sous le feu des critiques de l’opposition démocrate. Plusieurs élus réclament la tenue d’auditions parlementaires et une transparence accrue sur le budget alloué à cette rénovation, dont le montant n’a pas été officiellement communiqué mais que des sources non officielles estiment à plusieurs dizaines de millions de dollars.

Une affaire qui embarrasse l’administration

Les déboires se multiplient depuis plusieurs semaines. Outre les fuites et les problèmes de couleur, des retards dans le calendrier des travaux ont été signalés. La date butoir de juillet 2026, pour le 250e anniversaire, semble compromise. Des associations de défense du patrimoine ont également déploré certains choix esthétiques, jugés « inappropriés ».

Face aux critiques, l’administration a tenté de minimiser l’affaire en évoquant des « ajustements techniques » en cours. Mais la menace présidentielle d’engager des poursuites pénales marque une escalade. Elle intervient dans un climat politique tendu, alors que Donald Trump affronte par ailleurs une série de procédures judiciaires.

Un feuilleton politique qui s’éternise

Le bassin-réflecteur, qui avait été érigé en 1923 en mémoire d’Abraham Lincoln, a fait l’objet de plusieurs campagnes de restauration au fil des décennies. Celle-ci devait initialement être terminée pour le 4 juillet 2026, mais les péripéties qui s’accumulent en font un dossier épineux pour la présidence.

Les démocrates ont saisi l’occasion pour fustiger la gestion des projets publics par l’administration républicaine. « Ce n’est pas du patriotisme de dépenser des millions pour un bassin qui fuit et qui est d’une couleur ridicule », a dénoncé un représentant de la Chambre. Aucun démocrate n’a toutefois mis en cause directement le président dans cette affaire.

De son côté, le National Park Service, chargé de l’entretien du site, n’a pas confirmé l’existence d’actes de sabotage. Dans un bref communiqué, l’agence fédérale s’est bornée à indiquer que « la sécurité du chantier est assurée par les autorités compétentes ».

Reste à savoir si ces menaces de prison permettront à Donald Trump de reprendre la main sur ce dossier devenu un symbole embarrassant pour l’exécutif américain.