L'administration Trump s'apprête à débloquer 700 millions de dollars en faveur de l'industrie charbonnière en utilisant une procédure héritée de la guerre froide. Le président a annoncé le recours au Defense Production Act (loi sur la production de défense) pour octroyer des subventions à plus d'une douzaine de centrales à charbon existantes, dont certaines sont conçues pour l'exportation.

Cette décision, officialisée lors d'une cérémonie à la Maison-Blanche en présence de gouverneurs et d'élus d'États producteurs comme le Wyoming et la Virginie-Occidentale, s'inscrit dans la volonté constante du chef de l'État de ranimer une filière en déclin. Il qualifie régulièrement le charbon de « beau charbon propre », alors même qu'il s'agit du combustible fossile le plus polluant.

Un outil de guerre froide au service du charbon

Le Defense Production Act date de l'époque de la guerre froide. Il permet au gouvernement fédéral d'ordonner à des entreprises privées de donner la priorité à des contrats jugés vitaux pour la sécurité nationale et d'accélérer la production industrielle. En l'espèce, la Maison-Blanche estime que le maintien d'une capacité de production charbonnière relève de l'intérêt stratégique du pays. Les fonds serviront à moderniser des installations et à soutenir les infrastructures d'exportation de charbon.

Cette nouvelle enveloppe s'ajoute à plusieurs centaines de millions de dollars déjà distribués à l'industrie houillère au cours de l'année écoulée. L'exécutif a également signé des décrets obligeant les consommateurs d'électricité à payer davantage pour maintenir en activité de vieilles centrales et a supprimé des réglementations environnementales limitant les rejets toxiques du charbon dans l'air et l'eau.

Une réaction immédiate des opposants

Des organisations de défense de l'environnement ont immédiatement réagi en accusant le président de « faire passer les pollueurs en premier ». Elles estiment que cet argent public est gaspillé pour une source d'énergie obsolète et nuisible à la santé publique. Aucune voix majeure au sein de l'administration ne s'est toutefois élevée contre cette orientation, qui conforte la base électorale républicaine dans les régions minières.

Les détails précis des critères d'attribution des subventions et la liste définitive des centrales bénéficiaires n'ont pas encore été rendus publics. Selon les informations disponibles, l'investissement vise à la fois le marché intérieur et les débouchés à l'exportation, dans un contexte où la demande mondiale de charbon reste soutenue en Asie et dans certains pays en développement.

Un bilan environnemental contesté

Le charbon est responsable d'une part importante des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, et son extraction comme sa combustion posent de graves problèmes sanitaires. Les mesures prises par l'administration Trump depuis son retour au pouvoir vont à rebours des engagements climatiques pris par les précédentes administrations. La décision d'invoquer une loi de guerre froide pour subventionner ce secteur est perçue par de nombreux observateurs comme un symbole fort du désengagement américain des politiques de transition énergétique.