Moins de vingt-quatre heures après avoir conservé leur couronne européenne en dominant Arsenal aux tirs au but (1-1 a.p., 4-3 t.a.b.) à Budapest, les joueurs du Paris Saint-Germain ont entamé, ce dimanche 31 mai, une longue journée de festivités populaires. Le programme, organisé par le club et les autorités, prévoyait une parade sur une scène de 450 mètres de long installée au Champ-de-Mars, avec la tour Eiffel comme toile de fond, suivie d'une réception protocolaire au palais de l'Élysée, puis d'une soirée dans l'enceinte du Parc des Princes. Environ 100 000 personnes étaient attendues sur l'esplanade pour assister à la présentation du trophée par le capitaine Marquinhos.

Mobilisation sécuritaire sans précédent

Le dispositif de sécurité déployé pour encadrer cette fête populaire, ouverte et gratuite, était à la hauteur de l'enjeu. Selon les autorités, près de 6 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour surveiller les différents sites des célébrations dans la capitale. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a promis une « réponse ferme des forces de l'ordre » et des amendes pour « gêne à la circulation », notamment en cas d'intrusion sur le périphérique parisien. Des points de distribution d'eau étaient prévus, tandis que les objets pyrotechniques, les pointeurs laser et les canettes étaient prohibés sur le Champ-de-Mars.

Bilan nocturne lourd : 780 arrestations, 57 blessés

Ce déploiement massif intervient après une nuit de samedi à dimanche particulièrement agitée. Si la joie de la victoire a rassemblé des milliers de supporters dans toute la France, les réjouissances ont été émaillées d'incidents violents. Dans un point presse, le ministre de l'Intérieur a fait état de 780 interpellations à l'échelle nationale. Il a également déploré 57 membres des forces de l'ordre blessés, ainsi que 219 participants blessés, dont huit grièvement. Les autorités ont recensé des vols et des pillages dans une quinzaine de villes, et des incidents dans 71 communes. L'usage accru de feux d'artifice dirigés contre les forces de l'ordre a été spécifiquement souligné.

À Paris, un jeune homme d'une vingtaine d'années a trouvé la mort dans un accident de motocross, percutant de face des blocs de béton sur une bretelle de sortie du périphérique après qu'un groupe de supporters eut envahi la voie. Un autre jeune homme a été grièvement blessé lors d'une agression à l'arme blanche, a précisé le parquet de Paris. La place de la Concorde et les abords de la tour Eiffel ont également été le théâtre de heurts et de dégradations.

Une ambiance de liesse sous contrôle

Malgré ces tensions, la fête s'est déroulée dans une ambiance majoritairement joyeuse au Champ-de-Mars, où les supporters, déjà nombreux en début d'après-midi, scandaient des chants et agitaient des drapeaux, certains arborant le maillot « collector » fraîchement acquis. Les joueurs, arrivés en bus depuis l'aéroport de Roissy, ont été acclamés sur leur trajet dans les rues de la capitale. Sur la scène, Marquinhos a soulevé la coupe devant une foule en délire, offrant des scènes de communion décrites comme « magnifiques » par les participants.

Réception à l'Élysée et soirée au Parc

Après ces premiers instants de liesse populaire, l'équipe a été reçue à l'Élysée par le président de la République, Emmanuel Macron, qui les avait félicités sur les réseaux sociaux dès la veille. La séquence protocolaire a débuté en début de soirée. Les festivités devaient ensuite se poursuivre au Parc des Princes, où les supporters abonnés avaient reçu gratuitement un billet, les portes ouvrant à 19h30. La soirée devait marquer l'apothéose de cette journée,

Réactions politiques et appels au calme

La nuit de violence a suscité des réactions politiques. La candidate de l'extrême droite aux trois dernières présidentielles, Marine Le Pen, a écrit que « seule la France est capable qu'une victoire de club de football provoque des émeutes », tandis qu'un porte-parole de La France insoumise a estimé qu'on « ne peut pas être satisfait de la façon dont l'événement a été géré et organisé par le gouvernement ». Le maire du 8e arrondissement, où se trouve l'avenue des Champs-Élysées, a réclamé une politique de « zéro rassemblement » sur cette artère, jugeant qu'il était « devenu impossible de célébrer un match sans sombrer dans l'émeute », une position rejetée par le ministre de l'Intérieur qui y voit une entrave massive au dispositif de sécurité.