La capitale a vécu une journée de liesse populaire dimanche, ponctuée par un impressionnant dispositif de sécurité. Au lendemain de la victoire du Paris Saint-Germain contre Arsenal en finale de la Ligue des champions (1-1, 4-3 aux tirs au but), les joueurs et le staff ont retrouvé leurs supporters pour une série de célébrations organisées au Champ-de-Mars, à l'Élysée et au Parc des Princes.
Une parade au pied de la tour Eiffel
L'effervescence a débuté dès le début d'après-midi. Des fans, souvent vêtus aux couleurs du club, ont commencé à affluer sur le Champ-de-Mars, site choisi pour accueillir une grande fête populaire, gratuite et ouverte à tous. Le club avait indiqué qu'entre 85 000 et 90 000 personnes pourraient prendre part à ce rassemblement, avec une scène de 450 mètres de long installée face à la tour Eiffel. La jauge maximale de 100 000 personnes a rapidement été approchée, selon des informations en continu. L'ambiance était à la communion, de nombreux supporters exprimant leur joie d'assister à un tel événement. « C'est vraiment magnifique », résumait l'un d'eux. L'arrivée des joueurs, transportés par bus, a déclenché une vague d'ovations alors qu'ils traversaient les rues de la capitale. Sur l'esplanade, le capitaine Marquinhos a soulevé le trophée, sous les acclamations de la foule.
Réception à l'Élysée et soirée au Parc des Princes
Après cette parade, l'équipe s'est rendue au palais de l'Élysée où elle a été reçue par le chef de l'État, Emmanuel Macron. Ce dernier avait salué la veille sur les réseaux sociaux la performance du club, déclarant : « Une nouvelle étoile brille sur Paris ! Bravo au PSG qui fait rêver toute l'Europe. La France est fière. » La présidence a souligné que cette deuxième victoire consécutive en Ligue des champions « récompense les efforts et le talent de l'ensemble des joueurs, ainsi que le travail du staff technique emmené par M. Luis Enrique ». Les festivités se sont achevées au Parc des Princes, où les portes ont ouvert à 19h30 pour une soirée de célébration supplémentaire. Les abonnés avaient reçu gratuitement un billet, et des places étaient également mises en vente pour le grand public.
Un lourd tribut sécuritaire
La fête a été encadrée par un dispositif policier exceptionnel. Les autorités parisiennes ont déployé près de 6 000 policiers et gendarmes pour assurer la sécurité des célébrations. Cette mesure faisait suite à une nuit de samedi marquée par des incidents dans plusieurs villes de France. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a fait état de 780 interpellations sur l'ensemble du territoire lors des débordements de la veille. Il a également indiqué que 57 membres des forces de l'ordre avaient été blessés et que 219 participants avaient été comptabilisés comme blessés, dont huit gravement. Des vols et des pillages ont été signalés dans une quinzaine de villes, et des incidents violents ont été recensés dans 71 communes.
Un jeune homme est décédé dans un accident de motocross après avoir percuté des blocs de béton sur une bretelle de sortie du périphérique parisien. Un autre jeune homme a été grièvement blessé lors d'une agression à l'arme blanche à Paris, dans un contexte de tentative de vol présumée.
Réactions politiques
La gestion des débordements a suscité des critiques. La maire du 8e arrondissement de Paris, où se trouve l'avenue des Champs-Élysées, a appelé à l'instauration d'une doctrine de « zéro rassemblement » sur cette artère, jugeant que « depuis qu'il est devenu impossible de fêter un match sans sombrer dans l'émeute, la seule réponse de bon sens est une nouvelle doctrine ». Le ministre de l'Intérieur a rejeté cette proposition, estimant qu'elle « mobiliserait près de la moitié des effectifs de sécurité ». Marine Le Pen a estimé que « seule la France voit la victoire d'un club de football déclencher des émeutes », tandis qu'un porte-parole de La France insoumise a déclaré ne pas être « satisfait de la manière dont l'événement d'hier soir a été géré et organisé par le gouvernement ».