Le gigantesque incendie qui ravage depuis une semaine le sud de la Drôme et déborde sur l’Ardèche ne donne toujours aucun signe d’apaisement. Ce jeudi, alors que le sinistre a déjà consumé plus de 2 000 hectares de végétation, les autorités ont fait intervenir pour la première fois des bombardiers d’eau. Quatre Canadairs ont effectué leurs premières rotations au-dessus du massif, une semaine après le déclenchement du feu.
Un retard qui alimente la colère
L’arrivée tardive de ces moyens aériens ravive la frustration des résidents. De nombreux habitants du pays de Die, évacués ou bloqués chez eux, expriment leur désarroi face à ce qu’ils perçoivent comme une réponse insuffisante des pouvoirs publics. « On attendait ces avions depuis le début, c’est trop peu, trop tard », témoigne un riverain. La colère est d’autant plus vive que les conditions météorologiques – vents violents et sécheresse – n’ont cessé d’aggraver la propagation des flammes.
Un bilan humain et matériel lourd
Le nombre de personnes évacuées s’élève désormais à 700, dont 450 enfants qui avaient été mis à l’abri dans les premiers jours. Les hébergements d’urgence mis en place par la préfecture de la Drôme et les communes alentour sont saturés. Les dégâts matériels restent difficiles à chiffrer, mais plusieurs hameaux ont été partiellement détruits. Les équipes de pompiers, venues de plusieurs départements, luttent sans relâche, épaulées par des renforts nationaux.
La solidarité locale en première ligne
Face à l’impression d’abandon et au retard des moyens aériens, les habitants ont organisé des réseaux d’entraide spontanés. Des collectes de nourriture et de vêtements sont menées dans les villages voisins. Certains agriculteurs ouvrent leurs granges pour héberger du bétail menacé. Cette mobilisation citoyenne contraste avec le sentiment d’impuissance des autorités locales, qui plaident pour une révision des protocoles d’intervention en zone difficile d’accès.
La menace toujours présente
Malgré les largages des Canadairs dans l’après-midi, le feu demeure « hors de contrôle », selon les services de secours. Les rafales de vent compliquent les opérations et pourraient repousser les flammes vers de nouvelles zones habitées. Les prévisions météorologiques pour les prochains jours, marquées par une nouvelle alerte canicule, ne laissent guère d’espoir d’une accalmie rapide. Les autorités appellent à la plus grande prudence et maintiennent les périmètres de sécurité.