La justice française a mis un terme, mercredi 8 juillet, aux recours déposés par Hicham Harb, le Palestinien de 71 ans suspecté d'être l'un des superviseurs de l'attentat meurtrier de la rue des Rosiers. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris s'est déclarée incompétente pour examiner la requête en annulation de sa remise aux autorités judiciaires françaises, selon une source proche du dossier.

L'homme, dont le véritable patronyme serait Mahmoud Khader Abed Adra, avait été arrêté par les autorités palestiniennes le 17 septembre 2025, quelques jours avant que Paris ne reconnaisse l'État de Palestine. Extradé vers la France à la mi-avril, il a été placé en détention provisoire, dans l'attente d'un procès pour son rôle présumé dans l'attaque du 9 août 1982, perpétrée à la grenade et au pistolet-mitrailleur dans le quartier du Marais. Six personnes avaient été tuées et 22 blessées dans cet épisode antisémite attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire d'Abou Nidal, une dissidence de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Extradition contestée comme « politique »

La défense de Hicham Harb, assurée par Me Alice Becker, avait saisi la cour d'appel pour faire annuler l'extradition, qu'elle qualifiait d'opération politique, liée à la reconnaissance de la Palestine par la France. Le parquet général avait répondu en juin en rejetant ces arguments, soulignant la gravité de l'attaque et estimant que le caractère politique de la procédure n'était pas démontré. Mercredi, la cour a suivi cette logique en se déclarant incompétente sur ce volet, et a également jugé irrecevable l'appel contre l'ordonnance de mise en accusation qui renvoie l'intéressé devant la cour d'assises.

Me Alice Becker, qui n'a pas souhaité commenter la décision, s'était auparavant alarmée des conditions de détention de son client, placé à l'isolement à la prison de Fresnes et décrit comme étant en rémission de deux cancers.

Six suspects, un procès en vue

Hicham Harb devrait être jugé aux côtés de plusieurs autres personnes poursuivies dans ce dossier : le Palestinien Hazza Taha, né en Cisjordanie et soupçonné d'avoir dissimulé des armes, actuellement sous contrôle judiciaire ; le Norvégien d'origine palestinienne Abou Zayed, considéré comme l'un des tireurs et détenu en France depuis 2020 ; ainsi que deux suspects jordaniens que la Cour suprême de Jordanie a refusé d'extrader. Le procès, qui s'annonce long et complexe, devra établir la part de responsabilité de chacun dans l'un des attentats les plus meurtriers commis en France depuis la Seconde Guerre mondiale avant les vagues djihadistes des années 2010.