Une colonne de renforts comprenant des centaines de combattants russes et de militaires maliens a été prise en embuscade jeudi matin dans le nord du Mali, une opération revendiquée par les rebelles touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) et leurs alliés jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM).
L'attaque s'est produite non loin de la localité de Tabankort, alors que le convoi se rendait au camp retranché d'Anéfis, une position stratégique où des paramilitaires russes et des soldats maliens sont encerclés depuis plusieurs jours. Selon des sources sécuritaires, le convoi comptait plusieurs dizaines de véhicules et bénéficiait d'une couverture aérienne. Il transportait plus de deux cents mercenaires de l'Africa Corps — l'unité paramilitaire russe ayant succédé à Wagner — et une centaine de soldats maliens.
Le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a indiqué que ses troupes avaient engagé le combat contre cette force de renfort, composée à 90 % de Russes et de soldats maliens. Une vidéo diffusée par les rebelles montre des échanges intenses de tirs dans une zone désertique. Une source sécuritaire malienne a confirmé que "le convoi qui se rendait à Anéfis est tombé dans une nouvelle embuscade" et que les affrontements étaient toujours en cours.
Cet incident constitue la troisième attaque majeure en une semaine contre les forces pro-gouvernementales dans le nord du Mali. Samedi dernier, le JNIM et le FLA avait déjà mené des assauts coordonnés contre plusieurs localités et un autre convoi militaire, en revendiquant le contrôle de la ville d'Anéfis. Dimanche, un premier convoi de renforts parti de Gao, la grande ville du nord, avait été pris en embuscade et contraint de faire demi-tour.
Le camp d'Anéfis, où sont retranchés les Russes et les Maliens, est l'un des derniers verrous tenus par Bamako dans la région. Sa chute consoliderait la mainmise des rebelles sur Kidal, la capitale historique de l'Azawad, située à une centaine de kilomètres. Les séparatistes touareg avaient repris Kidal fin avril, lors d'une offensive conjointe avec les jihadistes du JNIM qui avait également visé le ministère de la Défense à Bamako et l'aéroport de la capitale.
La reconquête d'Anéfis permettrait au FLA et à ses alliés de mieux résister à une éventuelle campagne de l'armée malienne pour reprendre le nord. Pour le gouvernement malien, maintenir le contrôle d'Anéfis est considéré comme une étape cruciale avant toute tentative de reconquête de Kidal.
La Russie, via l'Africa Corps, apporte un soutien militaire aux juntes du Mali, du Burkina Faso et du Niger, regroupées au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES). Moscou cherche également à renforcer ses liens économiques et miniers avec ces pays. Mais la coordination entre les forces maliennes et russes semble fragilisée face à la détermination et aux capacités opérationnelles renouvelées des rebelles, dont les attaques se multiplient depuis plusieurs mois.
Aucun bilan humain n'a été communiqué à ce stade pour l'embuscade de jeudi. Les affrontements se poursuivaient autour d'Anéfis dans la soirée.