Une croissance exponentielle

Le secteur français des intercepteurs de drones connaît une dynamique sans précédent. Alors que le salon international de la défense et de la sécurité Eurosatory se tient à Villepinte, plusieurs jeunes entreprises spécialisées dans la lutte antidrones affichent une croissance spectaculaire. L'une d'entre elles, dont l'identité n'a pas été précisée, a vu ses effectifs passer de 20 à 500 salariés en l'espace d'un an. Ce bond témoigne de l'explosion de la demande, tant sur le marché national qu'à l'international.

Des levées de fonds records

Dans le sillage d'Harmattan AI, devenue la première licorne française de l'armement après une levée de 171 millions d'euros pilotée par Dassault Aviation, le spécialiste de la défense antidrones Alta Ares a levé 50 millions d'euros pour accélérer son développement. Son fondateur, Hadrien Canter, explique que « les contrats se sont multipliés ces derniers mois, au Moyen-Orient, en Asie, en Europe de l'Est ». Il souligne que « la France est numéro deux mondial des exportations d'armement. Il n'y a pas de raison que les nouveaux acteurs de la défense n'affichent pas des performances similaires ».

Un marché né il y a cinq ans

Ces sociétés, qui produisent des intercepteurs de drones, n'existaient pourtant pas il y a encore cinq ans. Le marché a émergé avec la multiplication des menaces posées par les drones, notamment dans les conflits récents. Le général Philippe de Montenon, commandant des forces et des opérations terrestres, a déclaré lors de l'ouverture d'Eurosatory : « Nous nous préparons à vivre un combat du type de celui que mènent très courageusement les Ukrainiens. »

Un écosystème en effervescence

Au-delà des leaders, une vague plus large de jeunes pousses tricolores émerge, portée par des entrepreneurs issus aussi bien de la nouvelle génération que des acteurs traditionnels comme Naval Group ou MBDA. Antoine Moyroud, investisseur chez Lightspeed Venture Partners, confirme « une vraie effervescence sur le segment des start-up de défense, avec à la fois des jeunes entrepreneurs et des profils plus confirmés issus des acteurs traditionnels ». Ce fonds est présent au capital de l'américain Anduril et de l'allemand Helsing, deux poids lourds du secteur.

Des perspectives de recrutement importantes

L'essor du marché se traduit par des besoins massifs en recrutement. Les entreprises du secteur cherchent à attirer des profils variés, allant de l'ingénierie à la production. La croissance des effectifs de 20 à 500 salariés en un an illustre l'ampleur de la demande. Le secteur attire « beaucoup d'intérêts », selon un spécialiste du secteur.

Un nouvel élan pour l'industrie de défense française

Cette montée en puissance des start-up de la lutte antidrones s'inscrit dans un mouvement plus large de modernisation de l'industrie de défense française. Les grands groupes traditionnels, comme Dassault Aviation, jouent le jeu en investissant dans ces jeunes pousses, comme en témoigne le partenariat avec Harmattan AI. L'objectif est de maintenir la compétitivité de la France sur le marché mondial de l'armement, alors que les conflits modernes imposent des solutions toujours plus innovantes et low-cost.