Alors que l’épidémie de la souche Bundibugyo du virus Ebola s’intensifie en République démocratique du Congo, une question controversée agite les spécialistes : pourquoi le seul vaccin actuellement disponible n’est-il pas administré sur le terrain ? La réponse tient à une incompatibilité biologique majeure.

Un vaccin inadapté à la souche en circulation

Le vaccin existant a été développé et homologué pour lutter contre la souche Zaïre, responsable des précédentes flambées épidémiques en Afrique centrale. Or l’épidémie en cours est causée par le variant Bundibugyo, génétiquement distinct. Les autorités sanitaires estiment que l’efficacité du vaccin Zaïre contre cette souche n’est pas démontrée, et son usage n’a donc pas été autorisé dans le cadre de la riposte actuelle.

Les spécialistes sont partagés sur l’utilité que ce produit pourrait néanmoins offrir. Certains estiment qu’en l’absence d’alternative, une vaccination de masse, même partiellement efficace, pourrait freiner la transmission. D’autres jugent le risque d’inefficacité trop élevé, et préfèrent concentrer les ressources sur le développement d’un vaccin spécifique.

Un nouveau vaccin espéré pour fin 2026

Un candidat-vaccin ciblant spécifiquement le variant Bundibugyo est en cours de développement. Les essais cliniques avancent et, selon les prévisions des autorités, une mise à disposition sur le terrain pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026. En attendant, les équipes médicales testent des traitements expérimentaux directement sur les malades, afin de réduire la létalité de l’épidémie.

Un contexte épidémique tendu

L’épidémie de Bundibugyo a été détectée ces dernières semaines dans l’est de la RDC, une région déjà fragilisée par des conflits armés et des déplacements de population. Les premiers cas ont été signalés en milieu rural, mais la maladie a depuis gagné des zones urbaines, compliquant la tâche des équipes de riposte. Les autorités sanitaires locales et internationales tentent de renforcer la surveillance et l’isolement des cas, mais l’accès aux soins reste limité dans plusieurs zones touchées.